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AMOUR TROUBADOUR EN CHANTANT
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AMOUR TROUBADOUR EN CHANTANT
AMOUR TROUBADOUR EN CHANTANT
  • Quête de connaissances oubliées avec un esprit troubadour. Partage de contes poétiques et de poèmes-chants d'amour, illustrés de photos de nature, pour célébrer l'Amour, la vie et les troubadours.
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9 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (4)

4

Curieuse de nature et désireuse de voir une loutre, je me suis adressée à une société de chasse pour participer à leur prochaine expédition. On m'a répondu qu'il y a une limite et que si je "l'outrepasse" cela coûte cher. J'en déduis qu'il y a des dates fixées pour les périodes de chasse à la loutre en France.
Vrai ou Faux?


Ch_loutre
Tenture: chasse à la loutre XVII° siècle; Sur Linternaute


Faux

Mais non, c'est fini ce temps de massacre de la loutre, elle est protégée en France depuis 1972. Il est interdit de la piéger, chasser ou capturer. Elle réapparaît peu à peu le long de nos fleuves et rivières grâce à cette mesure et il s'en est fallu de peu.

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1 juin 2010

Les chants de Lore, Loreley (9)

4/ La trace des anciens dieux

En continuant à chercher, l'homme du fleuve découvrit qu'en fait Saint Goard était un "faux saint", un remplaçant du dieu forgeron Govannon. Un autre nom de cet ancien dieu-personnage mythique est Saint Genard.
Govannon est le nom gallois (ou gaulois) qui signifie "forgeron". En irlandais, il devient le dieu Goïbniu, dérivé de gobha qui est aussi en rapport avec le forgeron. Le dieu forgeron est le fils de la déesse Mère Dana ou Brigit.
Il prépare des festins dans l'autre monde où l'hydromel et la bière qui sont servis aux convives les transforment en immortels.

L'homme du fleuve s'intéressa aussi au mot Goard. En troubadour, il remarqua que l'on pouvait entendre Go Ard, soit gau, ard. Gau lui évoquait justement ce vieux terme de la joie des troubadours.

Les deux mots (joie et gau) dérivent du latin gaudia (Dictionnaire étymologique de la langue françoise, Volume 2 Par Gilles Ménage... (1750))

Ard est une racine celte signifiant soit haut, élevé, fort; soit sombre, noir. Mais ard se retrouve aussi dans "ardent" qui se rapporte au feu, au soleil. Goard pourrait évoquer la joie (au sens spirituel, sacré) du feu (solaire ou du forgeron...).


St_Goard__Loreley

Saint-Goard, Loreley sur le Rhin


Localement Saint-Goard se situe effectivement sur la rive ouest du Rhin avec une forteresse située en hauteur, mais quel lien entre le dieu forgeron, le lieu haut "qui garde" et le soleil ou le feu?
A ce sujet, l'homme du fleuve me rappela les miracles attribués à Saint Goard: l'un d'eux faisait effectivement intervenir le soleil. Le saint aurait posé son chapeau sur un rayon de soleil. Or poser ce couvre-chef ou même un vêtement (cape ou manteau) sur le soleil revient à le masquer, le faire disparaître. Et c'est ce qui se passe au mont de Saint-Goard situé à l'ouest du Rhin: de son sommet il cache le soleil couchant pour les riverains. En poète inspiré à l'âme d'enfant, on peut bien imaginer que le dernier rayon du soleil disparaissant ainsi ait servi à accrocher un accessoire du saint, son chapeau ou un manteau!

Mes idées s'embrouillaient, nous avions d'une part un saint Goard remplaçant un dieu forgeron et d'autre part des traces d'un dieu solaire (du soleil couchant). Quel pouvait être le dieu en question?
L'homme du fleuve sourit et me livra son hypothèse : l'étude des mythes, des légendes anciennes et de la toponymie (noms de lieux) avaient gardé le souvenir de ce personnage. Il s'agissait du dieu Gargan, Rabelais s'en était inspiré pour le personnage de Gargantua dont il conta brillamment les aventures.


250px_Pantagruel01

Pantagruel


Gargan, le grand dieu gaulois était le fils de la déesse mère Belisama, éternelle vierge fécondée par l'esprit divin du dieu Bélénos, une des personnifications du soleil*. Il rappelait le grand dieu irlandais le Dagda, le dieu bon (modèle du Bon Dieu?).

* Voir pour plus de détail le document Pdf Dieux celtes  sur religion.mrugala.net

D'accord, on découvre peut-être localement un dieu pré-celtique, mais quel est le lien avec la Loreley?
L'homme du fleuve tenait manifestement à présenter ses arguments pas à pas, il craignait que je ne le suive pas s'il passait directement à la conclusion.
Le forgeron était pour les peuples de l'antiquité un personnage très important, il utilisait la terre, l'eau, le feu, le métal venu du ciel (fer météoritique au début) pour transformer une matière apparemment inerte en une autre matière très organisée et fondamentale pour l'économie des tribus: les armes et outils. Le forgeron était assimilé aux premiers alchimistes et était crédité d'un accès aux connaissances de l'organisation de la création et du cosmos. D'où le dieu forgeron..., détenteur des secrets du feu de la terre comme du feu solaire.
Gargan était un dieu solaire mais il était aussi lié à l'eau tout comme sa parèdre ou sa mère qui lorsqu'il s'agissait des dieux anciens était probablement la même personne sous différents aspects, et toujours la déesse mère.

De ce fait la Loreley associée à Goar pourrait être un aspect tardif et déformé de la déesse mère!

L'homme du fleuve souriait de mon étonnement. Il finit de me déstabiliser en affirmant que par ailleurs le poète-musicien en tant qu'organisateur des représentations du monde par le verbe ou les sonorités, et le forgeron étaient intimement lié dans la conception antique. Odin était nommé par les scandinaves "forgeron des chants", chants du monde sans aucun doute!

En breton le mot goar, en gallois le mot gwyr signifiait "il connaît". L'homme du fleuve était-il un goar en ce sens? Il éclata de rire et me dit que s'il fallait le définir, il serait plutôt une sorte de troubadour... et il entonna aussitôt une ballade de sa composition inspirée d'une prière à Belisama, la "très brillante".


A toi la Brillante

Je te dédie ce chant sacré
A toi qui brilles comme la lumière
Et dont la beauté hante mes pensées
Autant que je puisse te les destiner.
Tu m'apparais dans le secret de l'âme
Tel un idéal de douceur et d'ardeur.
Tu fais chanter les coeurs combattants,
Ta paix donne confiance aux vieillards.

Etoile qui règne parmi les étoiles,
Reine du ciel et de la terre,
Je me jette à tes pieds transi d'amour.
Montre moi le soleil sur ton visage
Et mes jours seront lumière.
Accorde-moi ta connaissance
Des secrets du monde et de la vie
Dans l'amour qui unit les âmes
Et me conduit vers toi sans retour.

Toi ma reine et ma déesse
Laisse-moi te témoigner mon amour
Qui se renforce de jour en jour,
Donne-moi à boire le nectar de la coupe
Qui se déverse dans les coeurs épris
Et donne l'immortalité de l'âme.
J'implore ta bénédiction grande reine,
Accueille-moi sur ton sein où je renais
Afin de te servir sans défaillance.
Jusqu'à la délivrance entre tes bras
Au dernier jour de mes jours.

Adapté par Marie Duval

20 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (12)

12

Le nom de la loutre a la même racine étymologique que Lutèce, le nom de l'oppidum gaulois précédant la ville de Paris. Vrai ou faux?


oppidum1b

Oppidum

Vrai

Reprenons l'étymologie de loutre: en ancien wallon, loth, en latin lutra qui dérive du grec lythra selon Varron, auteur latin antique. La racine de ce mot vient du grec «lùo» qui veut dire laver ou baigner. En Grèce, le nom de la loutre était «en-hydris», ce qui signifie «qui vit dans l’eau».
Lutèce était le nom du groupe d'habitations construites sur des îles et particulièrement sur celle de la Cité. Lutèce viendrait du mot celte Loulouchezi ; c'est-à-dire habitation au milieu des eaux, ou de "luth" analogue de lyth: eau.
La loutre est effectivement un animal emblématique en raison de ses rapports avec l'eau, son milieu de vie et de ses comportements: elle "lave" aussi parfois sa nourriture en la plongeant dans l'eau.

24 novembre 2015

Fleurs et fruits de novembre

Un record de fleurs en ce mois de novembre

Une exceptionnelle douceur trompe les plantes,

Celles d'hiver et de printemps se réveillent.

 

Fleurs d'hiver (H) et de nouveau printemps (P)

Laurier-tin (H), Fatsia japonica, Rose, Pervenche

Berce (P), Jasmin d'hiver (H), Roses, Millepertuis sauvage (P)

Fleurs-2015-12-03

 

Mimosa (H), Rose, Campanules (P)

Bergénia (H), Chélidoine (P), Hortensia

Fleurs-2015-12-04

 

De superbes compositions de marguerites d'automne

Ou chrysanthèmes d'Anjou au jardin des Plantes d'Angers.

Quelques champignons étonnants émergent par endroit.

Fleurs-2015-12-033

 

Baies et fruits de novembre

Vigne vierge, gui, Pommes d'ornement, nèfles

Kakis, Fusain d'Europe (bonnet d'évêque), cynorrhodon (églantine), pommes d'ornement

Fruits-2015-12-0316

22 mai 2016

Sagesses

Voir clair

 

Tu veux nettoyer l'eau boueuse ?

Cesse de l'agiter comme tes soucis

Laisse-la reposer, tu la verras claire.

102_3061

 

Le sage

 

Il a connu les plaisirs,

Il peut y renoncer.

Il a beaucoup voyagé,

Il reste dans son village.

Il a aimé étudier,

Il peut fermer les livres.

Le temps des chagrins venu

C'est la vie qui continue.

Le sage

 

Echo

 

La vallée est la vallée,

Le torrent est le torrent

Dit l'écho.

La vallée n'est pas la vallée,

Le torrent n'est pas le torrent.

Oublie l'écho !

Qui es-tu toi homme ?

OM... répond l'écho.

 

Echo

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7 mai 2010

Les chants de Lore, Loreley

Près du fleuve, j'ai entendu un chant s'élever au-dessus du murmure de l'eau. Je me suis avancée au bord de la rive et là... entre les branches d'un saule qui pleurait en égrenant ses gouttes sur l'onde, je l'ai vu!  C'était une apparition féerique, une toute jeune fille aux longs cheveux ruisselants d'eau, vêtue de lumière.


apparition
Apparition sur l'eau


Fascinée, j'ai fait quelques pas pour mieux la voir en écartant les branches couvertes de châtons dorés et de jeunes feuilles. Elle avait disparu!
Déçue et me posant pleins de questions sur la réalité de ce spectacle, je me retournais. Un homme se tenait en haut de la butte que je devais escalader pour me retrouver en terrain sec. Il me tendit la main en riant :
- Venez, je vais vous aider.

C'était un homme entre deux âges aux yeux d'enfant pris dans un réseau de rides sympathiques. Il me hissa près de lui et là, soudain grave, il me demanda :
- Vous l'avez vue?
Je m'ébrouais de tous les débris végétaux et de la sève rejetée par le saule, si abondante à cette saison que j'eus l'impression d'avoir subi une averse. Je n'osais pas répondre, l'homme me tendit un mouchoir en disant:
- Eh oui, ce n'est pas une légende, le saule pleure vraiment, pour le reste, qu'en pensez-vous?

Je lui parlais de mes impressions : un chant dans le murmure du courant et le chuchotis de la brise dans les arbres, la forme diaprée de gouttes d'eau dans la lumière...
Il sourit et me dit simplement:
- Moi aussi je l'ai vue quelques fois et sa première apparition a même changé ma vie.

Je l'invitais à me raconter, il me dit que c'était une longue histoire et que si je voulais l'entendre, il faudrait revenir le voir. Il passait tous les après-midi dans sa cabane au fond du bois qui surplombait le fleuve à cet endroit, j'acceptais de revenir le lendemain.

1/ LORELEY dans la littérature et l'art

Comme convenu, dès le lendemain il commença à me raconter son histoire.
"Ici, nous sommes sur un terrain qui appartenait à mon grand-père, un homme de la campagne, passionné de pêche et de chasse, pas très bavard mais un brave homme respectueux de chacun. A l'époque il avait conservé un vieil abri: trois murs délabrés avec un toit de tôle rouillée. J'avais pris l'habitude de passer la soirée et la nuit en fin de semaine avec quelques copains. Je venais de fêter mes vingt ans, avec trois de mes amis nous avions bu pas mal de bières et prolongé la veillée jusqu'au petit matin. Je m'étais endormi sans m'en rendre compte, à même le sol. Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque je me réveillais et j'étais seul, les autres étaient partis pendant mon sommeil.
"J'avais mal un peu partout, mais je n'avais pas pour autant les idées embrouillées, je voulus me rafraîchir avec l'eau du fleuve et je descendis là où je vous ai aperçue. Je l'ai d'abord entendu chanter puis je l'ai vu et je suis resté pétrifié sur place de longues minutes sans oser bouger. Je la voyais évoluer dans l'eau, merveilleusement belle avec de longs cheveux brillants et un corps délicieusement féminin.


Femme_des_eaux
Femme des eaux


"Lorsque je voulus faire un pas vers elle, elle disparut dans les flots et je ne parvins pas à la voir ressortir. Hélas, le mal était fait, j'étais envoûté par cette fille et je ne pus la chasser de mes pensées. J'étais amoureux et toutes les jeunes filles que je connaissais alors me semblaient fades ou sans intérêt à côté d'elle. Je l'avais vu libre, en harmonie avec la nature et elle-même, je n'avais plus qu'une idée, la revoir et dès que j'avais du temps libre je la cherchais le long de fleuve.
Mon grand-père, le seul parent qui me restait et qui m'élevait se rendit compte que je n'allais pas bien. Habilement il m'interrogea et je lui racontais toute l'histoire. Il n'essaya pas de me raisonner, il me donna l'usage de ce champ et lors des vacances j'y construisis cette cabane en attendant de revoir ma bien-aimée. Il me dit qu'il l'avait vu lui aussi, mais à l'époque il était déjà avec ma grand-mère, cela l'avait empêché de succomber à la fascination, mais il avait appris... et il me dit:

Ce n'est pas toi qui choisis tes rêves, c'est eux qui te choisissent.
Ton seul choix est de les prendre au sérieux ou de les mépriser.
Si tu les méprises, ils se saisiront de toi à ton insu pour te faire vivre l'enfer.
Si tu t'y confrontes sans te laisser submerger, ils seront source de lumière.
(Marie Duval, Le choix du rêve)

"Selon mon grand-père, c'était une Loreleï et ce type de rencontre était arrivé à d'autres hommes, il m'encouragea à partager leurs expériences et leur façon de voir cette relation. C'est ce que je fis et je trouvais en effet de nombreuses traces de cette forme de passion dans notre culture, je passais l'été plongé dans ces données extraordinaires. Voyez plutôt."

L'homme du fleuve m'amena alors un gros classeur qu'il me confia pour le consulter tranquillement. Patience, je vous en parlerai dans un prochain message, en attendant vous pouvez essayer de prêter attention à vos propres rêves... ou non.

21 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (13)

13

Le nom de la loutre présente des analogies (ressemblances) avec un cri de joie traditionnel. Vrai ou faux?

loutre
Loutre

Vrai

A partir des lettres du mot Loutre, Lutrae (signifiant en latin "de la loutre") ou lutria en espagnol, on obtient ce cri à l'origine mystérieuse ULTREIA ou Ultréa qui exprime la joie des pèlerins chrétiens.
Ultreïa est une expression très ancienne, c'est un cri de joie du Moyen Âge, principalement liée au pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Ce salut de ralliement des pèlerins signifie : aller plus loin, en avant, plus haut. C'est l'expression du dépassement physique et spirituel. Il est chanté dans toute l'Europe depuis des milliers d'années.

Chant :Ultreïa et suseïa

On le trouve dans un manuscrit du XIIe siècle de la cathédrale de Compostelle. Il est inclus dans deux poèmes latins dont les titres soulignent cet apport de mots étrangers, «grecs et hébreux», ou germaniques.

Il est intéressant de noter que ultreia se prononce oultréia et contient alors toutes les voyelles de l'alphabet des langues romanes! De oultréia à loutr(ei)a, il n'y a qu'un pas de ... loutre.

Et quand on sait l'origine sacrée des lettres et en particulier des voyelles, on peut s'en étonner... et avoir envie d'aller y voir plus avant! Nous découvrons alors que depuis la plus haute antiquité, les voyelles sont associées au divin. On trouve ainsi sur une monnaie allemande du XVII° siècle, le nom de  IEHOVA, nom de Dieu plus connu sous la forme Jéhovah...

IEHOVA

Monnaie IEHOVA

Et surtout il existait dans les temples égyptiens une Invocation des dieux des 7 planètes sous forme d'un Chant des voyelles évoqué par Démétrius de Phalère, un érudit grec du III° siècle avant notre ère, auquel on attribue la fondation de la bibliothèque et du musée d'Alexandrie, sous Ptolémée Ier.

Jacques d'Ares nous rappelle l'importance de ce chant tout au long du Moyen-âge. Et au XVIII°, une étude de l'Académie des lettres témoigne de l'importance de ces données.

Maintenant si vous vous demandez quel est le rapport avec la loutre, n'oubliez pas qu'elle vous met sur le chemin de la Tradition, celui de la Lore, la Lorre ou Laure. Et demandez-vous plutôt à quoi pourraient correspondre les consonnes L T R car les alphabets "sacrés" (ou religieux si vous préférez) ne comportaient que des consonnes à l'origine, les voyelles n'étaient pas formalisées, elles intervenaient lors de la vocalisation...

Si vous avez des idées, n'hésitez pas à me les soumettre par vos commentaires, sinon... patience! Suivons la LouTRe, l'animal de l'initié qui selon l'une des définitions du terme "établit les procédures initiales, l'origine d'une organisation", en bref, fait son retour aux sources... de connaissance.

Voir un commentaire ici.

19 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (11)

11

Un conteur spécialisé dans les contes animaliers m'informe que la loutre apparaît dans de nombreux contes en raison de ses habitudes de vie et de son comportement joueur ou imitant l'humain. Selon lui, c'est même un animal très important de la mythologie. Vrai ou faux?


Loutres
Loutres


Vrai

La loutre fréquente les 3 niveaux symboliques du monde: la terre, l'eau et l'espace souterrain. C'est un animal difficile à observer, plutôt solitaire, mais sociable. Elle vit sur terre au bord de l'eau et nage sans problème. La femelle élève seule les petits et c'est une excellente mère, elle creuse son terrier ou son nid nommé une "catiche", donc en souterrain sous les rives des cours d'eau.
La loutre est effectivement un animal important dans la mythologie en particulier scandinave, amérindienne, africaine et sa peau était utilisée sous diverses formes par les sociétés initiatiques. C'était un animal sacré chez les celtes, associé à Cernunnos et lié à l'initiation.
"Dans la mythologie indo-européenne* de l’Avesta, la loutre, le “Chien d’Eau”, figure au premier rang, avec la chienne et la femme, parmi les créatures les plus sacrées* d’Ahura Mazda.» Raimonde Reznikov, Les Celtes et le Druidisme cité par http://racines.traditions.free.fr/beours/index.htm
La Loutre vivant dans l'eau, apparaissant et disparaissant de sa surface, elle a un symbolisme lunaire et possède une valeur initiatique liée au symbolisme de la Déesse mère. Sa mort était une faute "inexpiable" ou symbolisait dans les contes le début d'un nouveau cycle (d'aventures à un autre niveau pour l'initié...).
En Europe, la Loutre jouait un rôle de conducteur des âmes (psychopompe) puisqu'elle connaît les trois royaumes, le royaume souterrain étant celui des morts, la symbolique de la loutre est complémentaire de celle du chien : Cùchulainn commence ses exploits en tuant un chien et les termine, juste avant de mourir en tuant une Loutre.
Le meurtre d'Otr sous forme de loutre est à l'origine de l'Or du Rhin accompagné de malédiction et un kenning (expression nordique et "troubadour" s'il en est!) nomme l'or : "le prix du sang de la loutre" ou "le tribut de la loutre".
Une vraie légende vivante!

18 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (10)

10

Un comportementaliste animalier me raconte que la loutre est extrêmement intelligente, elle est l'un des rares animaux qui soit capable d'utiliser des outils. Elle se comporte comme une sorte de MacGyver aquatique (personnage de série qui utilise ce qu'il a sous la main pour s'en sortir. Vrai ou faux?


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Loutre de mer et son petit




Vrai
La loutre a des comportements de type "humains" : c'est le seul animal en Europe à savoir utiliser des outils. Pour casser des coquillages, elle fait la planche une pierre posée sur son ventre et utilise une autre pierre pour frapper; ses pattes ressemblent à des mains. Intelligente et joueuse, elle a des mimiques qui facilitent cette identification anthropomorphique (anthropos= homme, morphe= forme).

17 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (9)

9

Un viticulteur qui s'intéresse aux techniques du passé me signale qu'autrefois on utilisait des peaux d'animaux pour transporter des liquides. Le nom de la loutre serait une altération du mot outre. Vrai ou faux?

basrelief

Outre antique



Vrai

Des noms gaulois aux racines indo-européennes* – comme “outre”– ont été conservés en vieux français avec ajout d’un article défini : l’outre s’est ainsi transformé en loutre.
Une outre est une peau d'animal dont la préparation permet de contenir de l'huile, du vin. Outre vient du latin uter, l'outre contient des liquides, mais peut aussi être gonflée d'air pour traverser des cours d'eau (voir photo), par ailleurs la peau de loutre servait de sac.
L'outre est parfois un objet sacré dans les société traditionnelles.
En outre (ou par ailleurs), outre signifie aussi en dehors, au-delà (entendre aussi: Au-delà, royaume des morts).

De là à voir la loutre outre-passer les limites d'une espèce longtemps mal définie...

16 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (8)

8

Un professeur de français passionné d'étymologie m'informe que la loutre portait d'autres noms plus anciens ou populaires. En particulier "leurre" était un de ses noms; Vrai ou faux?

Loutre
Loutre


Vrai

Selon l’étymologie “classique”, au XIIème siècle, le latin lutra aurait éliminé les formes populaires lorre et leurre.
En fauconnerie, un leurre est un pièce de cuir imitant un oiseau, qui sert à rappeler les oiseaux de fauconnerie d'élevage. Pour la pêche, le  “leurre” est un “appât”.
La loutre serait ce "poisson" qui sert à ramener le poisson...

13 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (6)

6

Je rencontre une superbe danseuse qui fait des défilés de mode de temps à autre et adore la fourrure bien que cela ne soit plus "tendance". Elle me dit qu'elle ne s'intéresse qu'aux animaux dont la fourrure s'utilise en manteau et selon elle, la peau de loutre était de mauvaise qualité, elle était inutilisable. Vrai ou faux?

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Loutre

Faux

Ce petit mammifère (30 cm de haut environ) semi-aquatique et carnivore était chassée autrefois pour sa chair, mais aussi pour sa fourrure d'excellente qualité, en particulier en bonnet. Il faut dire qu'elle appartient à une excellente famile, réputée dans ce domaine. Elle était facilement confondue avec le vison (même famille: les mustélidés, même qualité et couleur de fourrure, même habitat), le castor ou même le ragondin. Elle aussi est élevée dans des élevages pour fournir des manteaux. Les défenseurs des animaux essaient de les faire supprimer.

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Elevage d'animaux à fourrure

7 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE (2)

2
Lors d'un dîner mondain, j'ai entendu un vieux lord anglais raconter ses mémorables journées de chasse à courre où de nombreux nobles et notables étaient invités à chasser la loutre. Il affirmait que c'était un gibier très apprécié et l'enjeu d'une chasse royale. Vrai ou faux?

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Chasse à courre (wikipédia)


Vrai

La loutre fut un gibier abondant et pourtant difficile à capturer. Des chiens étaient spécialement dressés et des équipages de chasse à courre (avec chiens et chevaux) formés pour cette chasse noble. C'était effectivement une chasse royale et très appréciée encore au XX° siècle en particulier en Angleterre jusque dans les années 1950.
Pour en savoir plus, voir : Chasse à courre, pêche : la loutre et l'homme p 9

6 avril 2010

HISTOIRE DE LOUTRE, LORRE DE RIVIERE

Histoire de Loutre (nommée anciennement lore ou lorre ou loire...)

Pendant une période de ma vie, j'ai rêvé d'une loutre à plusieurs reprises, alors j'ai commencé des recherches et j'ai découvert un animal fabuleux que je ne connaissais pas puisqu'elle a failli disparaître victime des croyances erronées ou de l'ignorance des hommes, mais aussi et surtout de leur avidité destructrice de la nature.
En fait c'était un animal très important dans le monde des esprits des hommes d'autrefois et je vous propose de découvrir pourquoi. Voici quelques affirmations qui portent aussi bien sur les caractéristiques de l'animal que sur ses interactions avec l'homme ou ses légendes. Un parcours qui peut vous emmener très loin...
En route sur les traces de la loutre et peut-être même des troubadours. A vous de déterminer si c'est vrai ou faux et à la fin, comptez vos points, vous saurez ainsi où vous en êtes!

1

Je flânais au bord d'une rivière avec l'espoir de découvrir les traces d'une loutre (ses "épreintes" par exemple). J'ai aperçu un pêcheur super bien équipé qui fixait son bouchon, totalement concentré par l'attente du "gros poisson". Je lui demandais s'il avait vu ou entendu parler d'une loutre sur ce territoire.
Il me répondit qu'il n'aimait pas l'idée que ce chien d'eau vienne lui piquer son poisson et que de toute façon il ne flânait jamais au bord de l'eau! Selon lui la loutre est l'ennemie du pêcheur.
Vrai ou faux?

Loutre__wikip_dia

Loutre (wikipédia)

Faux

C'est dans son caractère, la loutre ne se fatigue pas plus qu'il ne faut, elle mange surtout les proies faciles et faibles, celles qui n'intéressent pas les pêcheurs. La concurrence éventuelle avec le pêcheur qui a conduit à sa quasi-extermination est surtout une erreur liée à l'ignorance. Il est vrai que l'animal est plutôt discret et se comporte... comme un poisson dans l'eau.

25 janvier 2010

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR XII C

L'AMOUR DANS L'OEUVRE DE RUMI

Dans la poésie d'amour de Rumi coexistent l'amour pur du Divin et l'amour platonique pour un humain dans lequel l'amoureux mystique discerne le reflet du Bien-aimé divin. L'amour sans condition pour un humain vu au-delà des apparences, sans se laisser submerger par le désir sexuel, est une voie spirituelle qui conduit l'être authentique vers le divin en lui et en l'autre.

"L'Union, voilà le jardin du Paradis. La séparation, voilà les tourments de l'Enfer"
"Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l’amour."
Rûmi

Homme_aux_oiseaux
L'homme aux oiseaux

Ode mystique 52

Puisque l'amour de ton visage est toute la joie de notre âme,
Renoncer au désir de notre âme est chose impie.
Notre âme est ressuscitée par l'amour: pourquoi le combattrais-je?
Tes regards amoureux assassins, c'est pour le Pèlerinage et la Guerre Sainte.
On dirait qu'il n'y a pas de signes ni de traces de l'ombre de notre âme,
Car elle s'est cachée dans les boucles de tes cheveux.
L'amour a allumé un feu plus vivifiant que la source de la vie:
Demande-lui pour quoi? Pour consumer notre âme.
Les dix-huit mille mondes de joies et de souhaits nous furent offerts:
Mais notre âme est incapable de ferveur ni de désir si ce n'est pour ta beauté.
L'enfer est la résidence des impies, le paradis la demeure des croyants,
Pour les amoureux c'est l'amour: l'union est la récompense de notre âme.
L'origine de la réalité et de la sincérité, le secret de la pure résignation,
Le maître de l'âme, c'est Shams-od-Dîn, lui la pureté de notre âme,
La poussière de Tabriz est le kohl qui donne aux yeux de notre âme la clarté.

RUMI

30 janvier 2010

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR XIII

L'ENSEIGNEMENT DE RUMI

Après sa rencontre avec Shams, Rumi laissa l’enseignement théologique musulman classique pour se consacrer à celui du soufisme et il entreprit d'apprendre à ses élèves à expérimenter les états de conscience qui conduisent au Bien-aimé.

SOUFISME

Depuis son enfance à Balkh réputé pour être un centre spirituel important (Islam, religion soufie, bouddhisme...), Rumi était familier du soufisme dont son père était un enseignant réputé.
Le soufisme est une doctrine ésotérique liée à la religion musulmane qui s'est formée au VIIIe siècle. Selon René Guénon, le sens du mot soufi se déduit de la valeur numérique de ses lettres. Ce mot a le même nombre que "la Sagesse divine", le soufi authentique possède cette sagesse, il est "celui qui connaît par Dieu".
D'après une autre hypothèse, soufi vient de l'arabe "suf" signifiant laine comme la matière du vêtement modeste que porte le soufi.

Le soufisme enseigne que toute réalité comporte une dimension visible (exotérique ou zahir) et une dimension intérieure initiatique (ésotérique). Il est centré sur la recherche de l'état spirituel qui permet d'accéder à cette connaissance cachée. Dans ce cadre, le rejet de la conscience ordinaire liée aux cinq sens précède la recherche d'une "ivresse" spirituelle qui permet la disparition de l'ego puis la conscience de Dieu. Mais parvenu à ce sommet, le soufi accompli retourne dans l'état de conscience ordinaire, riche de ce potentiel nouveau.

Ville

Ville

Dieu a créé le monde à son image en harmonie, beauté et perfection. L’univers entier se prosterne devant lui et célèbre ses louanges, selon la tradition islamique ce n’est pas une vision utopique du monde mais une vision en rapport avec un éveil spirituel. La mort génère la vie, la laideur crée la beauté.

Pour le soufi, l'autre est la voie qui grâce à l'Amour nous mène vers Dieu.
La beauté unique de chaque humain nous est révélée lorsque nous le regardons avec les yeux de l’Amour.
Le soufi apprend à se connaître et à s’aimer d’abord, pour aimer les autres et Dieu en eux. Le prophète a dit: « Celui qui se connaît lui même, celui-là connaît Son Seigneur ». Beauté, Amour et Connaissance sont liés sur le chemin qui conduit à l'union en Dieu.

LE SAMA

Après la première disparition puis la mort de Shams, Rumi élabora le sama ou concert spirituel avec des musiciens, il leur fit jouer du violon  hexagonal plutôt que du rebab habituellement carré. Il expliquait que ses six angles évoquaient le mystère des six directions du monde: les quatre points cardinaux, le zénith et le nadir. Rumi dansait au-delà même de l'épuisement de ses musiciens.

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Derviches tourneurs

La technique du sama mêle le chant, la danse et la musique ; il induit un état de conscience modifié et d'union avec le cosmos, Dieu. Chaque élément de ce concert spirituel est hautement symbolique, (vêtement, postures, tours dans la salle, intruments,...). Tout contribue à aider le derviche à unifier en lui les trois dimensions de l'humain intelligence, raison, intuition dans l'unité esprit-corps centré par le coeur, pour contribuer à la connaissance de soi et donc au développement spirituel dans l'Amour.

La confrérie des Mevlevis fondée au XIII° siècle, à la mort de Rumi par son fils Sultan et Husam son ami, continue à perpétuer la danse des "derviches tourneurs" et à réciter quotidiennement le Masnavi, l'oeuvre principale de Rumi.

5 janvier 2010

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR X (C)

APRES LA DISPARITION DE SHAMS

Complètement absorbé par la pensée de son bien-aimé, Rumi dansait en tournant sur lui-même dans son jardin. Il élabora la danse des derviches tourneurs (une pratique commencée pendant la première séparation d’avec Shams). Il tournait inlassablement jusqu'à entrer dans une forme de transe pour atteindre la dissociation du corps et de l’esprit au moment où son cœur s’ouvrait à l’extase en communion avec l'univers entier, en union avec Dieu.
Rumi décrivit son état de folie dû à la transformation par Shams. Shams fut la flamme qui alluma la lampe que fut Rumi, consumé par le feu brûlant de la communion mystique. Il exprima son intense désir d'union avec son Bien-aimé en danse, poésie et musique.
Il adressa la parole à n’importe qui, se prosterna devant un enfant. Il prit des élèves femmes, il discuta avec des personnes de toutes confessions et de toutes conditions.

Visite

Visite

Il abandonna l’enseignement de la théologie musulmane pour se consacrer à la transmission du soufisme, afin d’enseigner à ses élèves à provoquer des états d’esprit et de cœur qui conduisent au Bien-aimé. Rûmî mit en oeuvre les expériences et les enseignements qu'il avait reçus et vécus avec Shams et créa la confrérie soufie des derviches tourneurs toujours active actuellement. Il institua le fameux concert spirituel, le sama comme rituel d'union avec la Création et le divin dans la transe procurée par la musique, le rythme et la danse.

LE MOT DU TROUBADOUR

Ainsi il retrouva son ami et maître, non pas dans le monde, mais en lui-même, il n'y avait plus de différence entre maître extérieur et intérieur. Il se mit à voir Shams en toutes choses : dans la nature, les maîtres de toutes religions, les choses du quotidien…

22 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour X (b)

AVEC SHAMS

Rumi avait trente-sept ans, Shams en avait plus de soixante, ils étaient l'un et l'autre à un très haut niveau religieux, spirituel et culturel.  Rumi fut mis au défi par Shams de vivre et de parler de ce qu'il connaissait par lui-même en prenant du recul par rapport aux livres qu'il affectionnait tant.
Sa rencontre avec Shams fut un bouleversement total, ils se virent l'un et l'autre comme des amis en Dieu, aimants de Dieu. Ce fut l'éblouissement pour Rumi qui dit «  le dieu que j’adore m’apparaît aujourd’hui sous les traits d’un homme ».
Shams et Rumi connurent cette aspiration pour le Bien-aimé si intense qu'elle fait disparaître les limites du moi limité et permet de goûter à l'ivresse spirituelle souvent comparée par Rumi dans ses poèmes à l'ivresse du vin transposée sur le plan mystique. Ils éprouvèrent l'un par l'autre l'illumination par l’amour.

O échanson de l'âme, remplis cette coupe éternelle,
Cette coupe qui ravit le coeur, cette coupe qui dérobe notre foi,
De ce vin qui jaillit de coeur et qui est tout mêlé d'âme,
De ce vin dont le bouillonnement enivre l'oeil qui voit Dieu!
(Odes mystiques 81)

En présence l’un de l’autre, ils purent vivre l’unité de l’Amour, l’Aimant et l’Aimé. Rumi était l’instructeur, le prophète et Shams l'homme qui manifeste la présence de Dieu et approfondit la connaissance par cette relation. Durant plusieurs mois l'intense aspiration de Rumi et l'absorption mystique profonde avec Shams qu'il voyait comme un Soleil (autre sens de "shams"), le transformèrent profondément sur le plan spirituel.

Rassemblement

Rassemblement


Shams et Rumi se fondaient l’un en l’autre, en Dieu, dans leur extase partagée, oubliant tout le reste. Leur quête du Bien-aimé de l’âme, de l’Ami  - reflet de Dieu- abolissait le désir du respect des conventions et de la respectabilité. L'entourage de Rumi fut choqué de voir ce professeur estimé abandonner ses obligations habituelles et conventionnelles pour préférer la compagnie de cet ermite errant, pauvre, extasié sans statut social défini ou du moins valorisant.

Et pourtant il vivaient à une époque où cette tradition mystique était encore vivante : ils expérimentaient la découverte en l’autre de la présence de Dieu. Ils découvraient que l’expérience religieuse de la rencontre du Bien-aimé de l'âme est une des seules expériences qui peuvent transformer totalement un  être humain. Dieu vu en l'autre et par reflet en soi change nos habitudes, notre vision du monde et nos repères.
Si leur relation fut un scandale, c'est qu'elle enlevait à son réseau social un homme très entouré et admiré, cela n'aurait posé aucun problème s'il s'était agi d'un solitaire ou d'un religieux vivant en communauté; leur communion fut si absolue et spontanément intense qu'elle déclencha des jalousies et des mesquineries poussées jusqu'à la haine, dangereuse pour Shams.

20 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour X (a)

L'EVOLUTION DE RUMI

AVANT SHAMS

Rumi était un érudit élevé dans une authentique tradition religieuse musulmane jusqu'à ce qu’il remplace son père. Il s’intéressait aussi aux sciences profanes et à la poésie arabe, mais ne manifestait pas d'intérêt particulier pour le mysticisme. L'écriture de la poésie lui apparaissait comme une perte de temps ou une activité mineure.
Burhân-od-Dîn, l'ancien disciple de son père, ermite qui avait vécu dans les montagnes – en état d’extase - devint son maître à Konya. Il l'initia à vivre des expériences de vie intérieure et lui apprit à vivre en état d’inspiration. Il lui fit observer des périodes de quarante jours de méditation en réclusion pour atteindre des états d’illumination plus profonde. Il l'envoya aussi voyager pour rencontrer d'autres maîtres soufis selon la tradition de l'époque.
A son retour à Konya il devint un enseignant et prédicateur, un professeur des plus orthodoxes de la science et de la loi religieuse. C'était un homme honorable et honoré. Il espérait pourtant trouver la voie de la fusion de son âme en Dieu. Il pratiquait le soufisme, la méditation jusqu'à l'extase.

Ecrivain


Ecrivain

25 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR V

4/ CULTURE, LITTERATURE ET POESIE EN PERSE (à l'époque de Rumi).

"Tous les chemins mènent à  Balkh”  disait Gurdjieff en se référant à l'origine soufi des métaphysiques. Balkh, "mère des villes" a été un centre du monde où se sont épanouis soufisme, zoroastrisme, bouddhisme tibétain créant un terrain favorable à la création intellectuelle et à la spiritualité. Ainsi les premières oeuvres persanes ont été écrites par des écrivains originaires de Balkh.

Beaucoup de grands poètes persans sont venus de Balkh, par exemple :
Shaheed Balkhi, Abul Muwayed Balkhi, Abou Shukur Balkhi, Ma'roofi Balkhi, poètes début du IX°siècle et du X° siècle.
Rabe'a Balkhi ou Rabe'ah, la première poétesse persane est née à Balkh au X° siècle, elle fût la première à écrire en persan moderne.
Anvari, le poète, vécut à Balkh au XII° siècle.
Le père d'Avicenne ou Ibn Sina, célèbre philosophe et savant du X° siècle était originaire de Balkh.

De façon plus générale, la plupart des intellectuels étant originaires du Khorassan, on parle de "style khorassan" pour la littérature persane qui leur est associée.
Cette littérature favorisée par le mécénat et la vie des cours, cultivait une poésie de style épique dont Ferdowsi au X° siècle est le meilleur représentant avec son oeuvre le Shah Nameh. Ferdowsi y raconta l'histoire des anciens rois de Perse et glorifia le passé de l'Iran, ce qui sera une base de fierté et d'identité pour les peuples iraniens au cours du temps. Le modèle élaboré par Ferdowsi inspirera de nombreux poètes à sa suite.
Au XIII° siècle, la poésie lyrique connaît une nouvelle évolution avec la forme de versification du ghazal  que Rumi utilisera. La poésie mystique et soufie se développent.

Rumi s'inspirera directement de poètes mystiques et soufis tels que Sana'i (XII° siècle) et Farid od Dîn 'Attar qu'il rencontre dans son jeune âge, auteur de la Conférence des oiseaux. Comme ces deux auteurs majeurs, Rumi contribue à éliminer la corruption de la pratique religieuse et des institutions. Un contemporain de Rumi, Saadi sera aussi le continuateur de ce courant, suivi par Hafez au XIV° siècle.

A Konya, (actuelle Turquie) où Rumi passera sa vie adulte, il se lie d'amitié avec le grand commentateur d'Ibn Arabi décédé en 1240 à Damas, ce grand savant, mystique, philosophe a donné ses lettres de noblesse à la sagesse soufie.
Rumi, strictement instruit dans la loi islamique et la philosophie fut aussi inspiré par son père, théologien islamique et enseignant de grand renom.

HUMOUR
L'humour n'est pas absent de la culture persane et le personnage le plus représentatif de cet humour est Nasr Eddin Hodja dont la tombe serait en Anatolie. C'est une sorte de personnage mythique insolent souvent juché sur un âne dont les histoires-enseignements s'inspirent du quotidien.

Exemple
- Hodja effendi, dis-nous, comment ton prophète Mohammed est-il monté au Ciel ? lui demandèrent des prêtres catholiques
.
- En réalité, c'était très facile, répondit Djeha-Hodja Nasreddin, il a utilisé l'échelle qui a servi à l'Ascension de votre prophète.

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Nasr Eddin Hodja

LA TRADITION D'AMOUR

Leyla et Majnûn, l’amour fou à l’orientale

Dans la tradition iranienne, Majnûn incarne une sorte de héros mystique dont l’élan passionnel pour Leyla aurait pour but ultime de se rapprocher du divin. L’amour humain serait donc une première étape initiant à l’amour spirituel.

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Rumi a commenté cette légende orientale des plus célèbres amants orientaux, Leyla et Qays surnommé Majnun (le fou), sortes de Roméo et Juliette dont l'origine remonterait à l'époque de la splendeur de Babylone. Ainsi il raconte dans le Mathnawi : « Harun avait entendu parler de l’amour de Majnûn [Qays] pour Layla et désirait voir cette fameuse beauté. Ayant fait venir Layla, il ne la trouva nullement extraordinaire. Il convoqua alors Majnûn et lui dit : " Cette Layla, dont la beauté t’a mis dans cet état, n’est pas si belle que cela. " Majnûn répondit : " La beauté de Layla est sans défaut, mais ton œil est fautif. Afin de reconnaître sa beauté, il faut avoir l’œil de Majnûn ».

L'Amour et le Soufisme

"Quand l’homme et la femme deviennent un, tu es ce un. Quand les unités sont effacées, tu es cette unité. Tu as façonné ce “je” et ce “nous” afin de pouvoir jouer au jeu de l’adoration avec toi-même, afin que tous les “je”, les “tu” deviennent une seule âme, et soient à la fin submergés dans le Bien Aimé”.
Rumi

Le soufi cultive l’Amour dans ses actes et son culte est en lui même ; il apprend à s’aimer d’abord, pour aimer les autres et Dieu car l’Amour est un Don de soi et qui ne l’a pas en lui ne peut l’offrir aux autres.
Tous les êtres humains sont beaux quand nous les voyons avec les yeux de l’Amour. Pour le soufi l’Amour Dieu ne se réalise qu’en aimant d’abord ses semblables. C’est seulement dans un cœur rempli d’Amour qu’on perçoit Dieu.

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Miniature persane

Le mot du troubadour:

La beauté de l'aimé (e) induit l'amour chez l'amant. Cette beauté permet à l'amant de voir la beauté du monde comme dans un miroir puis d'accéder à la notion de beauté pure, beauté divine. L'amour humain est le médiateur de l'amour divin.
Pour l'amant, dans le miroir de l'aimé(e), beauté, amour et connaissance (de soi, de l'autre, de l'univers et du divin) sont liés.

De nombreux artistes ont été inspirés par la légende de Leyla et Majnun. Un exemple en musique:

Eric Clapton et Marc Knopfler interprétant Layla.


Eric Clapton With Mark Knopfler - Layla
envoyé par tigwenn.

26 avril 2009

20/ Enigme II 7°etape

L’orientation globale de l’homme dans une société donnée comporte trois niveaux. En premier, il s’agit pour l’être de se repérer dans sa propre vie et dans son rôle au sein du groupe. Cela comporte tout un ensemble de savoirs et de manières d’être qui lui permettront de « tenir sa place » et de se comporter de manière appropriée à la fois pour lui et pour les autres.
En second, l’être a besoin de se repérer dans l’espace ne serait-ce que pour se déplacer et retrouver son chemin. Cette orientation est fondée sur les quatre points cardinaux.
Enfin l’être s’inscrit dans son rapport au cosmos, et en particulier au ciel qui lui fournit l’orientation temporelle.


2/ Science et repères traditionnels d'orientation.

La croix d’orientation totale comporte l’axe Est-Ouest des levers et couchers du soleil, dimension de l’espace.
L’axe Nord-Sud et Zénith-Nadir (soit haut et bas) donne la dimension temporelle déterminée par la position du soleil selon la saison et dans la journée.
Les axes Est-Ouest et Nord-Sud se situent à l’horizontale (monde terrestre). L’axe du Zénith est vertical (lien au monde céleste, divin).

Nous avons vu que quel que soit le modèle de représentation choisi pour cette orientation globale, (triskèle, swastika, croix…), le peuple dont il est la référence organise ses connaissances et son rapport au monde en fonction de ce modèle.
Il s’agit d’un archétype, d’un modèle idéal, pôle d’attraction et de structuration de la pensée des hommes qui l’adoptent.

Le lieu de culte de l’Objet sacré vers lequel le gardien nous guide n’échappe pas à la règle, tout en appartenant au modèle chrétien qui fait naturellement partie de notre paysage et que nous ne considérons plus sous cet angle. Mais sur les traces du gardien, nous allons en chercher l’archétype de référence et l’orientation globale qui s’y rapporte.

Notre société actuelle tout en étant coupée de ses racines culturelles anciennes est issue d’un type de société traditionnel. Cela s’accompagne d’un système de pensée qui se réfère à un modèle immuable appartenant au monde des dieux, au cosmos. Le cosmos, traditionnellement apparaît à l’échelle d’une vie humaine comme étant ce qui ne change pas ou seulement selon des aspects immuables et cycliques.
L’homme est soumis aux aléas d’une vie fragile, facilement perturbée et surtout il est conscient de sa mortalité.  Sa façon d’échapper au temps et à sa dimension d’anéantissement est d’élaborer un modèle permanent dont la connaissance des cycles lui est accessible, transmissible de génération en génération et surtout auquel l’homme peut s’associer afin de bénéficier de l’harmonie suprême que ce modèle représente. C’est ce que les historiens des religions et en particulier Mircea Eliade appelle le mythe de l’éternel retour.

Pour l’homme traditionnel, tout geste, tout acte matériel ou de construction humaine se réfère à un modèle divin, céleste. Et tout est sacré puisque cette conception implique l’homme dans sa globalité en tant que créature et sujet d’une part, en tant que participant et acteur d’autre part de la Création.
Dans ce contexte Eliade dit « La basilique des premiers siècles de notre ère, comme la cathédrale du Moyen Âge, reproduit symboliquement la Jérusalem céleste » et la même vision anime tout l’âge classique. (Mythe de l’éternel retour)

Orientation dans l’espace

Nous avons vu les principes qui conduisent à orienter les bâtiments en fonction de directions significatives sur le plan cosmique dans une perspective religieuse (« reliant » ainsi l’édifice terrestre à la dimension céleste, divine). Le plus souvent c’est l’orient, (l’est) ou le point du lever du soleil un jour déterminé, pour les lieux de culte chrétiens, sauf particularité locale.

Le lieu de culte est ensuite organisé selon un objectif spirituel déterminé par les religieux de l’époque, ce qui peut varier au cours du temps et selon les diverses réformes qui conduisent à mettre en accord les pratiques et l’évolution religieuse des édifices dans la cité.
Dans son plan même, l’église est conçue selon un modèle idéal géométrique et symbolique qui fonde l’architecture, celui de la Jérusalem céleste, du Ciel et du Paradis.
Ce modèle date d’une vision du prophète de l’Ancien Testament Ezéchiel (VI° siècle av. JC) et il a surtout été développé à partir de la description qu’en fait Saint Jean dans l’Apocalypse. Il inspire aussi l’architecture du Temple de Salomon. Il est repris par Saint Augustin au IV, V° siècle en réaction à l’effondrement de l’Empire romain : une organisation humaine pourtant liée au développement du christianisme à l’époque, ne peut être considérée comme œuvre divine. La référence à l’idéal de la «cité de Dieu», Jérusalem céleste et éternelle est la seule voie possible de salut.

Nous allons retrouver cette idée en application plus concrète sur le territoire chrétien aux alentours du X° siècle, après l’éclatement de l’Empire carolingien qui était aussi soutenu par l’église. Le modèle de la Cité céleste va dans un premier temps permettre d’assurer sur le plan social la continuité des valeurs spirituelles en identifiant l’âme chrétienne à l’idéal d’une pierre vivante du Temple spirituel auquel chacun est appelé à participer.
Sur le plan spatial, ce modèle va soutenir le renouveau architectural et le développement sans précédent des lieux de cultes chrétiens. En quelques siècles, le territoire occidental se couvre d’un « manteau d’églises » assimilant au passage les principaux lieux de cultes anciens. L’Eglise est alors porteuse d’une mission de réalisation de la Cité de Dieu sur terre qu’elle met en œuvre en apportant aussi un nouvel ordre, la diffusion des savoirs et en développant son pouvoir temporel concret, territorial tout en imposant son pouvoir spirituel aux puissants.

L’impact de l’implantation matérielle de ce modèle de la Jérusalem céleste est considérable, il fonde notre urbanisme et le développement de notre territoire. L’essentiel de nos bourgs et villages a pour origine ce puissant mouvement monastique de défrichage, de mise en valeur et en ordre de cette période historique.

              Pour en savoir plus cliquez sur l’image.

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Pour certains auteurs, le schéma d’implantation des lieux saints, églises, cathédrales et donc des villages et des villes aboutit à un véritable quadrillage du territoire obéissant à des règles d’orientation cosmique (solaire principalement) à grande échelle. D’aucuns n’hésitent pas à parler de « grille de la Jérusalem céleste ».

Pour d’autres, le terme de Jérusalem Céleste est associé aux concepts suivants :
Paradis/Terra Sancta ; Réseau/Treillis de l'Univers ; Res Simplex, Chose simple, fondamentale pour l’Alchimie ; Unus Mundus, le monde unique où Esprit et Matière sont Un selon l’étude des textes traditionnels par Jung, psychothérapeute contemporain de Freud.
 
L’étude des alignements de mégalithes, monuments ou sites remarquables est actuellement favorisée par les nouveaux moyens technologiques (photos satellites, ordinateurs puissants, logiciel d’astronomie). L’Archéoastronomie* est une discipline scienfique en plein développement surtout en Angleterre. (*Archéoastronomy sur wikipédia anglais)

Le concept anglais de Ley lines* correspond de même aux notions d’alignement et de lignes de force telluriques qui ont alimenté de nombreux débats que seule une attitude scientifique pourra trancher pour nous permettre ainsi de mieux connaître notre passé et le niveau de connaissances de nos ancêtres. (*Ley lines sur wikipédia anglais)

QUESTION MYSTÈRE: Tradition d’habitat.
Quel modèle traditionnel antique d’implantation sur le territoire, d’orientation des bâtiments, d’aménagement architectural perdure actuellement (et connaît une expansion récente en Occident)?

Cliquez pour avoir la réponse "boule-de-gomme".

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Orientation temporelle

Nous avons déjà vu le rapport entre le pouvoir religieux puis civil et le découpage, la maîtrise du temps. C’est un enjeu fondamental dans toutes les sociétés et son outil principal est le calendrier. Il faut en distinguer plusieurs types : Calendrier civil, religieux, de travail (agricole en majorité ou marin…).
Le calendrier civil est basé sur la course cyclique des astres. C’était la lune pour le calendrier romain antique, c’est devenu le soleil après la réforme instituée par Jules César (calendrier julien). L’année solaire est divisée en 4 périodes égales marquant les 4 saisons grâce aux jours remarquables que sont les solstices (été et hiver) et les équinoxes (printemps et automne). On retrouve le schéma de la Croix d’orientation.

Le début de l’année a varié selon les époques, mais aussi la durée de l’année, actuellement notre calendrier est dit grégorien (réforme du XVI° siècle). Nous avons un décalage de 13 jours par rapport au calendrier julien.

Le calendrier chrétien s’est construit progressivement sur des siècles, les fêtes chrétiennes ont été adoptées par le calendrier romain au IV° siècle (Empereur Constantin). Les fêtes des martyrs, des saints, de la Vierge Marie ont été instaurées au fur et à mesure. La christianisation de traditions païennes, de rites d’autres religions afin de les supplanter ou de rites archaïques implantés localement en Gaule aboutissent à l’élaboration du calendrier chrétien que nous connaissons aujourd’hui.

Le calendrier du travail de la terre est basé sur les temps forts de la vie rurale : semailles ou plantations, moissons ou récoltes,… Il comprend deux saisons : la saison active « chaude » de fin avril à fin octobre ; la saison de préparation ou moins active, «froide», de novembre à mi-avril.

Pour en savoir plus, cliquez sur l’image.

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Le calendrier « idéal » doit donc répondre à de nombreux critères pour être adopté par la population. Pensons aux mésaventures du calendrier égyptien religieux et de son décalage par rapport à l’inondation du Nil. Le calendrier chrétien a su s’adapter et la « sagesse populaire » s’en est emparée en y greffant des dictons significatifs, en adoptant des saints patrons…
On va retrouver ces principaux saints du calendrier traditionnel qui figurent dans l’église aux côtés d’autres saints évoqués pour des protections ou des bénéfices particuliers (contre la peste, des maladies, pour la fertilité, le mariage…).

Connaissances traditionnelles et iconographie religieuse

Un des fondements de la religion est le sentiment de sécurité qu’elle procure à ses fidèles en lui donnant des repères et des moyens d’agir sur le monde et la nature.
L’église et la cathédrale étaient conçues comme des livres d’images destinés à l’éducation des masses illettrées tandis que les religieux assuraient concrètement la transmission des savoirs.
En ce sens, le mythe chrétien offrait un ensemble cohérent chargé de sens et capable de transfigurer ou de donner des clés concètes pour vivre au quotidien. En éliminant ce qui était contraire à son dogme, en assimilant ce qui le servait, l’église a ainsi élaboré au cours des siècles des représentations religieuses d’un savoir social, spirituel et moral, technique et pratique, créant une véritable civilisation à vocation universelle.

Nous pouvons suivre l’évolution de la pensée au travers de l’iconographie religieuse. Basée longtemps sur la pensée analogique qui procède par correspondance (une chose représente une autre ou un concept), à partir du XI° siècle les cisterciens mettent en place les fondements d’une pensée plus abstraite, symbolique basée sur le nombre et la forme.
Progressivement la pensée évolue dans un cadre de référence à l’histoire (supposée vraie) et au rationalisme naturaliste puis scientifique. Mais ce sera en perdant la capacité de proposer un modèle cohérent accessible à tous, ce qui est pourtant fondamental dans une société pour assurer sa cohésion, la transmission de ses valeurs et savoirs.

Pour en savoir plus, voir le document en PDF « Les dragons de la crue », Philippe Reyt
http://id.erudit.org/iderudit/022899ar

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ENIGME CASSE-TÊTE : L'énigme de l'alchimiste.

Lors des croisades, des chevaliers découvrent de nouveaux savoirs, ainsi l’un d’eux rencontre un alchimiste qui lui propose l’énigme suivante :


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Comment transformer ces trois triangles en ne déplaçant que quatre baguettes pour obtenir cinq triangles ?

Pour la réponse Eclaire-tête, cliquez sur l'image.

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Postérité du modèle de la Jérusalem Céleste.

Nous venons de voir l’importance de ce concept dans la civilisation chrétienne.
Nous le retrouvons aussi pour inspirer d’autres traditions :
- L’alchimie qui prend son essor en Europe après les Croisades et surtout le pillage de Constantinople (Byzance).

-L’humanisme dont Pétrarque, le poète d’amour de Laure considérée comme sa Dame au sens de l’Amour Courtois, est un des représentants majeurs au XIV° siècle. Tout comme Dante, il est inspiré par la Jérusalem céleste. En effet Les Confessions de Saint Augustin l’accompagnent toute sa vie.

- La quête du Graal* basé sur l’idéal chevaleresque en référence à un idéal céleste.
*Document PDF

www.glmrf.org/mr_img/biblio/ext-phil-symbolterre.pdf

- La Franc-Maçonnerie inspirée par la cosmogonie antique, les symboles chrétiens et l’alchimie.

- Signalons l’interprétation de l’architecture gothique comme enseignement de Sagesse et de l’Art Royal alchimique dû à Fulcanelli début du XX° siècle.

- Ces influences sont aussi perceptibles dans l’art contemporain qu’il soit religieux ou pour certains artistes inspiré du sacré.

Références

17 septembre 2008

30/ Conte d'amour I Générations

D.6 LE FLAMBEAU DES GÉNÉRATIONS

Le seigneur Guilegas a rejoint son château en laissant Donatale sous la protection de Maroiseau et de ses nouvelles amies. Luciman, Ryanne et leur fils sont heureux dans leur royaume prospère. Donatale se réjouit de leur bonheur.
La mère de Luciman, Dame Léanor les quitte à son tour pour rejoindre Tivirol. En effet, à l'arrivée de son petit-fils, la mère en elle a lâché son emprise, elle laisse son fils à la femme qu'il s'est choisie, puisqu'à son tour elle est mère. Le flambeau des générations est ainsi transmis.

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Château (Vitré)

D6.1 PROMESSE D'HARMONIE

Donatale sans rien renier de ses sentiments ni des liens sociaux ou subtils qui l'unissent à ceux qu'elle aime, réoriente l'organisation de ses projets vers l'enfant à naître. Mais la liberté de l'esprit lui importe plus que tout, nul n'a le droit de lui dicter ses pensées même si elle accepte la discipline nécessaire à l'apprentissage du véritable amour, valeur suprême qui la fait communier avec l'univers.
Seule avec Maroiseau, Donatale chante:

CHANT D’AMOUR :

PROMESSE D'HARMONIE

L'amour qui naît des confins éthérés
Se transforme en lumière porteuse de vie.
Sur son écran tendu pour mon aimé,
Nos pensées libres projettent leur énergie,
S'expriment selon leur intensité.

Si l'épée tranchante du discernement
Affronte les discordances de leurs passions,
Le pinceau magique de l'amour fervent
Joue avec les formes lourdes des émotions
Et l'éventail des couleurs-sentiments.

Même face au divin maître, la liberté
Est valeur fondamentale de l'esprit.
Nul ne peut être contraint à l'accepter.
J'y accède en le servant de ma vie,
Orientée vers le frère qui m'est donné.

Son amour submerge mon être tout entier
D'une spirale d'Harmonie en expansion.
Je découvre cette fabuleuse vérité :
La vie dans la matière est vibration,
Source bienfaisante de vraie prospérité.

D6

Le banc sous les arbres

D6.2 QUÊTE D'ABSOLU

Donatale et son équipage regagnent le château, Guilegas les accueille avec soulagement, il s’assure que Donatale est en bonne santé et la confie à Maroiseau. Celle-ci organise son mariage tout en restant très proche de son amie.
Donatale est plus que jamais unie à son Bien-aimé. Satisfaite de retrouver son univers familier dans la célébration de l'amour qu'elle ressent dans tout son être, elle chante:

CHANT D’AMOUR :

QUETE D'ABSOLU

Parcourant l'espace-temps en toutes directions,
J'explore les vies successives où nos unions
Tissées du même fil préparaient notre histoire.
En te cherchant sans trêve, je trouve l'absolu
Qui me dirige jusqu'au point des origines.

Chaque élément, chaque particule dans le monde,
Aimantés par l'amour, m'invitent dans leur ronde.
Chaque objet me dit ton nom comme en écho,
Chaque visage me parle de ton visage aimé,
Chaque lieu témoigne de ta présence désirée.

Mon esprit vole sur les ailes diaphanes du rêve,
Emerveillé de ta lumineuse présence.
La flamme vue en toi me transforme en brasier,
J'accueille un amour si grand que l'univers
Y répond par une communion chaleureuse.

D6

La vie du vieux tronc


16 avril 2009

19/ Enigme II 7°etape

Nous voici parvenu à la dernière étape de notre voyage fantastique sur les traces du gardien d’un Objet sacré et d’un lieu de culte qui a été conçu pour l’abriter.

SEPTIEME ETAPE : DE LA CROIX AU CENTRE SACRÉ

Vous avez bien entendu découvert la nature de l’objet, mais le gardien tient à attirer notre attention sur ses particularités. Suivons le dans cette exploration particulière :

1/ Autour de la croix

Nous avons vu que la croix était un symbole  ancien,
(le plus souvent solaire) commun à différentes cultures. La croix était jugée infamante au début du christianisme, mais l’Empereur Constantin en favorisant son évolution va promouvoir aussi le symbole, même si le Chrisme est plus souvent le symbole associé à l’ère de Constantin.
L’assimilation du Christ et de la Croix du supplice se répand à partir du IV° siècle, mais cette représentation va se développer principalement à partir des croisades.
La Vraie Croix sera considérée comme la première et plus précieuse relique de la chrétienté suivie par tout ce qui touche de près ou de loin à la vie de Jésus et à son supplice.
Ainsi Louis IX (Saint Louis) fait construire la Sainte Chapelle (consacrée en 1248) à Paris pour abriter les reliques du Christ provenant de Constantinople qu’il a rachetées aux Vénitiens à un prix élevé : fragment de la Vraie Croix, couronne d’épines (coûtant aussi cher que la construction de la Chapelle dit-on)...
Notons qu'il existe aussi un village en Bretagne nommé La Vraie Croix, dont l’histoire est liée aux Templiers. Ces derniers ont d’ailleurs utilisé successivement différentes formes de croix tout au long de leur histoire en tant que symbole, mais la croix templière rouge des « blancs manteaux » est la plus connue.

Pour en savoir plus sur la croix et ses diverses représentations,
cliquez sur l’image
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Reliquaire et lieux de culte de la Vraie Croix en Anjou.

Traditionnellement le principal reliquaire de la Vraie Croix en Anjou est détenu par l’Hospice des Incurables de Baugé après avoir été initialement détenu par les moines cisterciens de la Boissière (près de Baugé) lorsqu’il a été ramené de Terre Sainte par un noble croisé en 1241. Après celui de la Sainte-Chapelle, c’est le morceau le plus volumineux de la Sainte Croix en France.
Son reliquaire est en forme de croix à double traverse, modèle typique de l’art byzantin à partir du XI° siècle.

Il faut cependant remarquer que ce modèle de Croix à double traverse est très ancien (1), il est connu dans l’Antiquité en Grèce, on le retrouve en Egypte associé au dieu Horus, on le repère gravé sur des menhirs en Europe, (ainsi en Allemagne).
 
D’autres morceaux de la Vraie Croix sont signalés en Anjou; à l’Eglise Saint-Laud à Angers un vitrail lui est consacré : le comte d’Anjou, Foulques V Roi de Jérusalem l’aurait lui-même offert aux chanoines de Saint-Laud au XII° siècle.

Il existe probablement d’autres morceaux de la Vraie Croix en Anjou, en particulier celui qui nous intéresse et vers lequel nous dirige peu à peu son « gardien ». Mais en attendant de le découvrir, intéressons-nous d’abord à l’histoire de la Croix d’Anjou.

La Croix d’Anjou

A partir du XIII° siècle, l’Abbaye de la Boissière accueille les dévôts qui viennent se recueillir devant le reliquaire contenant le précieux bois. Parmi eux, les plus importants sont les Ducs d’Anjou, en effet ils viennent souvent dans leur château de Baugé tout proche.
Lors de la guerre de Cent ans, les moines confient le reliquaire au Duc d’Anjou, Louis I°, fils du Roi Jean le Bon, qui le garde dans son château-forteresse d’Angers.
Le Duc fait broder cette croix à double traverse sur les tapisseries de l’Apocalypse qu’il commande à cette époque. Elle sera honorée sous le vocable de Croix double d’Anjou.
Elle reviendra à la Boissière lorsque la paix sera revenue, après la victoire de Jeanne d’Arc, au temps du Roi René, dernier Duc d’Anjou avant que l’Anjou ne soit intégré au Royaume de France par son neveu, le Roi Louis XI. Le Roi René la fait figurer dans ses armoiries.

QUESTION MYSTÈRE:Nouvelle identité

La représentation de la Croix d’Anjou est plus connue sous un autre nom, mais elle figure aussi dans les armoiries de Hongrie, Pologne et Slovaquie. Quel est ce nom et quel personnage historique est associé à ces données?

Cliquez pour avoir la réponse "boule-de-gomme".

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A la Révolution, vendue comme beaucoup de biens d’églises, la Croix de la Boissière est rachetée par la fondatrice de l’Hospice des Incurables de Baugé où elle est connue depuis sous le nom de Croix de Baugé.

(1) Pour en savoir plus sur la croix à double traverse, voici un document très riche, en pdf: www.bium.univ-paris5.fr/ishm/vesalius/VESx1996x02x01x010x018.pdf

Utilisation politique et symbolique de la Croix de Lorraine

Lors des guerres de religion au XVI° siècle, la Croix de Lorraine est l’emblème des partisans du Duc de Guise, principal représentant de la Ligue catholique en lutte contre Henri III. Elle est alors le symbole de la lutte du catholicisme majoritaire contre le protestantisme prôné par Luther et Calvin.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les Nazis avaient la Croix Gammée pour emblème, dans le camp opposé se trouvaient deux étoiles pentagonales : rouge pour Staline, blanche pour Roosevelt.
L’équipe du Général De Gaulle en France choisit l’emblème de la Croix de Lorraine, symboliquement associé à Jeanne d’Arc libératrice de la France. Ce signe de ralliement et de lutte contre les allemands Nazis acquiert alors une notoriété mondiale.

Pour en savoir plus, cliquer sur l’image.

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ENIGME CASSE-TÊTE : Une croix trop longue.
Un chevalier arrive au château porteur d’une Croix de Lorraine dressée, de cinq pieds de long. Mais le gardien a reçu des consignes strictes: il refuse l’entrée aux objets de plus de 4 pieds.

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Un ouvrier-bâtisseur de la cathédrale voisine assiste à la scène. Il conseille au chevalier de s’adresser à l'un de ses amis charpentier qui fabrique alors une boîte afin d’y mettre sa Croix. Lorsqu’il se présente à nouveau le gardien le laisse passer.
Comment le charpentier a-t-il réussi ce prodige de « raccourcir » l’objet sans pour autant l’altérer ?

Pour la réponse Eclaire-tête, cliquez sur l'image.

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Références

23 février 2009

16/ Enigme II 6°étape

Le gardien de « l’Objet » nous propose de découvrir comment nos ancêtres ont élaboré progressivement le culte des martyrs, des saints et des lieux saints de la chrétienté afin de comprendre l’importance de l’Objet et du lieu sacré qui l’a abrité, dans la conscience collective et la vie d’autrefois.

SIXIEME ETAPE : CULTE DES SAINTS.

L’événement des Croisades est le point culminant de ce culte des saints, mais
avant d’en arriver à ces épisodes qui ont bouleversé en profondeur l’histoire occidentale au nom des Lieux Saints chrétiens, il nous faut revenir aux débuts du christianisme.

1/ Croisades, croisés et lieux saints.
Le culte des martyrs et des saints.

Sous la domination romaine, les premiers chrétiens ont été persécutés pour leur foi. Ceux qui sont morts au nom de leur religion (du mot grec martus signifiant « témoin ») sont les martyrs.
Au fur et à mesure de l’élaboration d’une religion chrétienne bien caractérisée, apparaissent à partir du II° siècle, des croyances qui font de la mort une véritable naissance à la Vie éternelle et des martyrs les successeurs du Christ.
Au début du IV° le christianisme désormais autorisé sur les territoires romains par l’Edit de Milan dit « de Constantin », se développe et le culte des reliques de martyrs s’étend, d’abord localement. Ces reliques ont une valeur sacrée, voire surnaturelle pour les populations de l'époque. L’expansion du christianisme touche principalement les villes et s’accompagne d’une véritable prolifération de saints, nouveaux modèles remplaçant les héros antiques et leurs cultes.
Ce phénomène s’accroît encore après la chute de l’Empire Romain d’Occident (476). En réaction à l’anarchie et aux invasions qui se succèdent alors, les religieux forts de leur pouvoir spirituel sur les rois et de leur impact matériel (par la possession de terres liées aux monastères, abbayes…) prennent le relais de l’organisation romaine.
Ainsi au VI° siècle, le culte des saints est en plein essor, soutenu par la floraison de la littérature hagiographique (sur la vie des saints) et la diffusion de reliques venues de lieux saints chrétiens. Les évêques organisent l’expansion des cités, des bourgs autour de tombeaux de saints en l’honneur desquels ils font construire des basiliques puis des églises. Le culte des reliques sera à l’origine des pèlerinages et de l’enrichissement des lieux saints les plus visités.
Aussi partir du IX° avec l’augmentation du pouvoir pontifical de Rome, on assiste à un véritable trafic de reliques (qui sont alors fragmentées en petits morceaux!): les monastères, les abbayes les plus riches se procurent à grands frais des reliques de martyrs ou des premiers papes.

Pour en savoir plus, cliquez sur l’image.

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Les pèlerinages.

Les pèlerinages sont attestés depuis la plus haute antiquité. On en retrouve la trace dans les anciens textes de Mésopotamie, Egypte, Grèce
Ils empruntent et tracent des voies de circulation, d’échange et de transmission qui contribuent à fonder les civilisations et à tisser des liens dans l’espace et le temps ne serait-ce que par la tenue de fêtes sacrées cycliques en l’honneur des dieux antiques ou des héros déifiés.
Dans le christianisme, le culte des saints et des reliques est à l’origine du mouvement des pélerinages d’Occident. Ce mouvement est d’ailleurs encouragé dans la Bible, ainsi l'épître aux Hébreux (11, 13) rappelle aux croyants qu'ils sont des étrangers et des voyageurs sur la terre, de nombreux personnages importants ont pérégriné (sont partis en déplacement) dans leur vie (Abraham, Jacob, Moïse).
La visite des lieux importants de la vie du Christ sont recherchés depuis la fin du II° siècle. Ce type de voyage se développe lorsque l’empereur Constantin fait découvrir et mettre en valeur les Lieux Saints de Jérusalem (IV° siècle).
Avec la cessation de la piraterie fin X° siècle le phénomène s'amplifie.
A partir du XI° siècle le système féodal appuyé par l’organisation religieuse offre une certaine stabilité, ce qui favorise les déplacements.
Au Moyen-âge, Jérusalem et Rome sont les principaux lieux de pèlerinage malgré les difficultés de ces voyages.

Pour en savoir plus sur ces grands pèlerinages, cliquez sur l’image.

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Le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle est plus tardif, il se développe en Espagne à partir du IX°, X° siècle à la suite de la reconquête de l'Espagne chrétienne face aux Sarrasins.
Mais pour l’Europe laborieuse qui se christianise lentement, surtout dans les villages et campagnes, l’essentiel du mouvement pèlerin est local ou régional pour des questions de temps et de moyens, il a lieu lors de la fête d’un saint dédicataire d’une église par exemple (Saint Jacques, Saint Martin…) et remplace le plus souvent des dévotions païennes anciennes après leur christianisation.

QUESTION MYSTÈRE: L'importance des reliques.
Quelle était l’utilisation première des reliques et leur emplacement dans les édifices chrétiens ?

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Reliques et constructions

Le culte des saints et de leurs reliques aboutit donc à la transformation urbaine et contribue à rythmer la vie de la communauté en introduisant la fête des saints ou la commémoration de certaines de leurs interventions plus ou moins miraculeuses dans le calendrier. Ainsi par exemple Saint Laurent: la commémoration d’une victoire importante le jour de cette fête aurait incité Philippe II, Roi d’Espagne à faire construire au XVI° siècle, le palais-monastère de l’Escorial selon une forme de grille pour rappeler le martyr du saint réputé par ailleurs être un « gardien de trésor ».


Les lieux saints

Importants dans toutes les religions, les lieux saints sont identifiés et recherchés comme les lieux privilégiés de rencontre entre le divin et l'humain, séparés (c'est le sens même de «saint»), isolés du reste du territoire des hommes, mais vus comme «centre du monde» par la communauté qui s’y rend. La croyance antique les reconnaît parfois comme des lieux privilégiés de communication entre différents niveaux de réalité  cosmique, terrestre, souterrain. Religion et pouvoir spirituel aussi bien que pouvoir temporel, matériel y sont en relation étroite.
Pour les chrétiens, les lieux saints les plus importants sont associés aux épisodes de la vie terrestre de Jésus-Christ. Leur découverte et la construction des édifices commémoratifs permettant le culte remonte à l’empereur Constantin (qui provoque la tenue du concile de Nicée pour fixer les éléments principaux du dogme fondateur du christianisme en 325). Avec l’aide de sa mère Hélène, qui met à jour la Croix du supplice, le tombeau…, l’empereur fera construire le Saint Sépulcre, dit le Tombeau du Christ (où il n’est pas, étant ressuscité!) et autres édifices religieux symboliques.
Pendant des siècles, malgré la longueur, les difficultés et les dangers du voyage au départ de l’Europe, les pèlerins se sont rendus sur les lieux saints de Jérusalem et de Palestine. Leur conquête par les Arabes en 638 ne les affectent guère. Mais un tournant décisif est marqué au XI° siècle avec l’interdiction par les Turcs de l’accès à Jérusalem accompagnée de massacres de pèlerins.
La demande d’aide de l’empereur byzantin de Constantinople incite le Pape Urbain II en 1095 à appeler les Chrétiens d’Occident aux armes pour libérer leurs frères d’Orient.


Pour en savoir plus sur l’archéologie, l’histoire…
des lieux saints de Jérusalem, cliquez sur l’image

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La féodalité

L’organisation féodale (feudum en latin signifie « fief »), naît de la désorganisation de l’Empire Romain d’Occident entre V° et VIII° siècle. Le pouvoir est attribué localement à des seigneurs qui sont les vassaux du Roi et sont eux-mêmes pour les plus importants d’entre eux les suzerains de plus petits seigneurs.
Les seigneurs locaux ont un rôle plus important lors des invasions barbares du IX°, X° siècles en raison de l’éclatement de l’Empire Carolingien entre les fils héritiers de Charlemagne. Les comtes, ducs, marquis, barons défendent le territoire et les possessions des nobles ou du clergé en l’absence d’une armée royale centralisée et s’entourent de guerriers à cheval, les chevaliers.
Sous les derniers Rois Carolingiens, certains seigneurs ont d’immenses territoires et deviennent quasiment indépendants du pouvoir royal. Les querelles de pouvoir ou d’extension d’influence entre seigneurs voisins progressent face à un pouvoir royal faible. De fréquentes guerres locales pèsent sur les populations rurales.
Face à ces troubles, l’Eglise forte de son pouvoir spirituel (l’excommunication, étymologiquement « mettre hors de la société », est une sanction redoutée) impose la Paix de Dieu au X, XI° siècle afin de moraliser les mœurs et de canaliser l’usage de la violence. L’Eglise encourage le développement des valeurs de la chevalerie et pose les bases morales de la société médiévale.
Cependant elle sait utiliser la guerre en fonction de ses objectifs et de ses propres intérêts. C’est ainsi que l’idée même de Paix de Dieu peut être considérée comme une étape préalable à l’idée de la Croisade.
Au XI° siècle les chrétiens se considèrent comme frères et sont encouragés à s’unir pour combattre les hérétiques. Ce mouvement concernera d’abord les ennemis en terre étrangère puis les opposants du Pape (croisade contre les Albigeois…).

Pour en savoir plus sur la féodalité, cliquez sur l’image.

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Croisades

Le début de la 1° Croisade date de 1096, en réponse à l’appel lancé du Pape Urbain II, qui s’adresse avant tout à la chevalerie. L’institution de la Paix de Dieu et l’organisation féodale qui fait du chevalier un vassal freine ses ambitions d'aventure et de conquête en Occident. La Croisade lui permet d’accomplir des exploits guerriers en accord avec les préceptes chrétiens. Il œuvre ainsi à son salut tout en exerçant son art de la guerre, de plus il peut disposer de richesses en Orient (biens et terres conquis sur l’ennemi) qui lui sont inaccessibles dans son pays.

Mais le mouvement dès le départ surprend par son ampleur, démontrant une forte aspiration spirituelle au Salut (à la vie éternelle dans l’Au-delà) dont les conditions ne se présentent pas dans la vie quotidienne et un désir de pénitence dans une période de crainte millénariste qui concerne toute une population pauvre (des milliers de pèlerins à pied) et démunie de toute capacité de combat (ils mourront en grand nombre sur le trajet ou seront massacrés en Terre Sainte).

La croisade (qui signifie « prendre la croix », signe distinctif de son engagement) allie les objectifs du pèlerinage aux nécessités de défendre les lieux sacrés de la foi. Jérusalem reste pour les chrétiens le centre du monde spirituel où ils peuvent vénérer la «vraie» croix du supplice du Christ, se recueillir devant le calvaire et le Saint-Sépulcre.
Elle aboutit en 1099 à la fondation d’Etats latins d’Orient et à la prise de Jérusalem dont Baudouin II devient roi après la mort de son frère Godefroi de Bouillon.

La défense de ces États est à l'origine de l'organisation des sept autres croisades principales jusqu’en 1291, date de leur perte au profit des musulmans.
Cependant en Occident, malgré la perte des territoires et positions fortes, les bénéfices, autant matériels que culturels, semblent énormes. L’Europe mobilisée par cet engagement réalise dès le début du XIIe siècle des progrès techniques, économiques et militaires, conditions de son expansion dans le monde et de sa domination qui va s’imposer sur la Méditerranée.

Par ailleurs la rencontre de la culture orientale, l’installation de croisés en terre d’Orient a profondément changé l’organisation sociale et politique. En Occident les biens et richesses sont principalement terriens, pour partir, équiper les hommes, les croisés doivent céder leurs terres aux monastères, abbayes qui étendent ainsi leur pouvoir matériel. Des ordres religieux militaires sont fondés pour protéger et prendre soin des pèlerins de la Terre Sainte (Hospitaliers, Templiers en 1118)

Les Templiers gagneront en importance jusqu’à leur disparition début XIV° siècle. Ils seront déterminants dans l’organisation des transports y compris maritimes, des finances en assurant une fonction de banquiers internationaux, des constructions d’églises, de châteaux et commanderies ; dans le développement de la culture et de l’architecture en particulier gothique.

Pour en savoir plus sur les Croisades, cliquez sur l’image

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Souvenirs des croisades.

Notre gardien de l’Objet attire notre attention sur quelques apports originaux liés à la période des Croisades.

Les drapeaux

Les chevaliers au retour des croisades en Europe utilisent de plus en plus les drapeaux, surtout à partir du XI° siècle.  Ils servent de signe d’identification et de ralliement grâce à la représentation d’armoiries ou de symboles distinctifs tandis que les armures ne permettent pas de se reconnaître sur le terrain.

Par la suite, l’usage du drapeau se généralisera à d’autres groupes. Ainsi un des drapeaux les plus originaux est celui des pirates : le Jolly Roger ou pavillon noir comportant un crâne sur deux tibias croisés. Il est surtout signalé à partir du XVII° siècle.

Les Os et le Crâne

Cependant cette représentation particulière de crâne et tibias croisés ("Skull and Bones" en Anglais) n’est pas uniquement un signe de piraterie. On la retrouve dans l’art chrétien sur les crucifix à partir du Moyen-âge.

Voir document pdf à télécharger:

http://www.muse.ucl.ac.be/medias/docs/D11342.pdf
Courrier du Musée de Louvain-la-neuve, n° 8 fin 2008

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Cette même représentation se retrouvera aussi dans le contexte de la Franc-Maçonnerie constituée au XVIII° siècle, héritière de la culture des « maçons-libres » (Free-massons en anglais) constructeurs de cathédrales du Moyen-âge. Voir ainsi le tableau de Courbet, Un enterrement à Ornans (1850)

Symbole du Christ

Les tibias croisés et le crâne, forment la lettre Grecque "Khi" ou "Chi", et la lettre "Rho" sous forme du "P". Ces lettres sont un symbole du mot Christ sous sa forme en Grec.
C’est aussi le graphisme du Chrisme, symbole chrétien répandu en Orient surtout depuis Constantin et utilisé dans l’architecture sacrée des églises et éléments chrétiens en Europe.

Pour en savoir plus sur le Chrisme, cliquez sur l’image

Chrisme

Tombes de croisés ou de pirates ?

Lorsque les croisés ont découvert à Jérusalem les tombes attribuées à des proches de Jésus ou ses apôtres (tombes juives des premiers siècles), ils ont été frappés par la disposition des ossuaires avec les os longs (tibias) en croix et le crâne contrastant sur l’amas des autres os. On retrouvera cette représentation particulière sur des tombes d’anciens croisés dans les cimetières anciens.

Pour en savoir plus sur le Golgotha
(lieu du Crâne connu comme lieu de la crucifixion),
cliquez sur l’image

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 ENIGME CASSE-TÊTE : Le jour des jours.

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La fin de la 3° Croisade est datée du 29 Novembre 1192. En quoi est-elle une journée tout à fait spéciale ?

Pour la réponse Eclaire-tête, cliquez sur l'image.

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Références

5 février 2009

15/ Enigme II 5° étape

Le gardien de l'« Objet » lié à un édifice religieux nous invite à découvrir la présence des principes cosmiques et universels dans les bâtiments sacrés au cours du temps.

3/ Edifice religieux

Le Temple

Nous commencerons par le temple : dans l'Antiquité, le templum est un espace découpé dans le ciel, que les prêtres ont retranscrit sur le sol ; il s'agit alors d'un terrain sacré, sur lequel est construit le bâtiment du culte. Initialement les temples étaient à ciel ouvert ce qui en permettait l’observation par les prêtres.
L’étymologie de Templum vient de la racine indo-européenne [tm], qui veut dire découper, séparer. Le sens est identique en grec ou en latin (templum).
Les plus anciens temples romains obéissaient aux principes cosmiques de construction, prenons par exemple le Temple romain de Janus, le principal dieu romain à l’origine de l’Age d’Or lors de sa coopération avec Saturne exilé sur terre. Il est le dieu des ouvertures, des portes (= janua, janus).
Sur des pièces antiques, sa représentation permet de calculer ses proportions : le rapport entre longueur et largeur est proche de 1,5. Cela correspond aux dimensions du rectangle «solsticial» à cette latitude, déterminé par les levers et couchers du soleil aux solstices. Il était orienté Est – Ouest, ainsi la statue du dieu au milieu, avec ses deux visages, était illuminée toute l’année par les rayons du soleil passant entre ses portes.

Pour en savoir plus, cliquez sur l’image.

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Plan de l’édifice religieux chrétien

A partir du IV° siécle, l’empereur Constantin autorise la liberté de culte, les chrétiens peuvent construire des églises. Ils reprennent le plan rectangulaire des basiliques romaines qui se retrouvera dans les églises romanes. L’orientation Est-Ouest devient la règle sauf particularité locale liée au terrain : le chevet est à l’Est et l’ouverture à l’Ouest.
A noter : l’est correspond à l’orient, du verbe « orior » naître, appliqué au soleil. (D’où le mot orientation). L’ouest correspond à l’occident, du verbe occidere (tomber, se coucher).

Images, symboles

Au VIII° siécle, le culte des images est interdit par l’empereur de Constantinople sur fond de querelle théologique, il faudra attendre 50 ans environ pour qu’il soit de nouveau autorisé par un nouveau concile. Les religieux auront alors le pouvoir d’interpréter et choisir les représentations. On peut distinguer deux tendances principales: les bénédictins sous l’impulsion de Cluny favoriseront la profusion des ornements et des représentations de scènes religieuses (peinture, sculpture). Et ceci jusqu’à l’excès dénoncé par la tendance qui émerge en réaction, celle des cisterciens – en particulier Saint Bernard nourri de tradition druidique - qui recommande la sobriété, le symbolisme abstrait plus proche de la doctrine iconoclaste à l’origine de la célébre querelle des images qui sous-tend la position des uns et des autres à l’égard de l’art religieux.
Cependant ce sont les compagnons constructeurs qui réalisent les ouvrages religieux en utilisant l’ancienne tradition qu’ils sauront adapter à la nouvelle mode chrétienne. Ainsi la «sublime proportion» antique liée au Nombre d’or est renommée la «divine proportion», mais les principes de la Connaissance restent les mêmes.

Pour en savoir plus sur les chantiers du Moyen-Age,

cliquez sur l’image.

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Architecture et croix celte.

Nous avons déjà vu que la croix celte ou druidique était le support de connaissances traditionnelles. Elle est omniprésente aussi dans la conception et les représentations dans l’église chrétienne en particulier romane.
Ces connaissances récupérées dans les premiers monastères, en particulier bénédictins puis cisterciens, seront utilisées au Moyen Age par les constructeurs qu’ils contribuent à former.
La roue ou croix celtique comporte 8 rayons qui sont organisés en « croix à 8 rais » ou «escarboucle» que l’on retrouvera chez les Templiers. Ce sont les 8 visées des levers et couchers du soleil aux solstices d’été et d’hiver et des équinoxes croisant l’axe Nord/ Sud.
La Rosace des cathédrales exprime le même symbolisme, elle est nommée traditionnellement Rota, Roue, elle est en rapport avec la Lumière et le Verbe divin et exprime des rituels temporels cycliques, cosmiques ou religieux.

Pour en savoir plus, cliquez sur l’image.

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QUESTION MYSTÈRE: Rosace au sol?

Quelle est la figure symbolique tracée au sol des cathédrales associée à un symbolisme cosmique tout comme la rosace ? Un indice : cette figure fréquente autrefois a fait l’objet d’une campagne de destruction à la fin du Moyen-Age. 

Pour la réponse "Boule de gomme", cliquez sur l'image.

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Les églises des périodes préromane, romane et gothique

Le modèle d’architecture idéale de référence reste celui du Temple de Salomon tel que décrit dans la Bible puisqu’il a été détruit au VI° siècle avant JC. Les principes de construction des églises sont restés les mêmes pendant des siècles, seules les techniques ont évolué.
Les symboles numériques et géométriques se retrouvent dans le « tracé régulateur », sorte de plan de l’église ou de la cathédrale. Pour retrouver ces éléments de sacralisation des lieux saints liés à leur architecture, il faut revenir aux principes d’orientation et de verticalité en rapport avec le soleil.

Pour suivre ces démarches détaillées, cliquez sur l’image.

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Le plan de l’église chrétienne est habituellement celui de la croix latine symbolisant le corps du Christ, l'abside autour du choeur  est la tête ; le transept traversant la nef forment les bras ; la nef et ses colonnes est son corps.

Pour en savoir plus sur l’art roman et l’architecture,
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ENIGME CASSE-TÊTE : Règle de géométrie.

Dans le village proche du chantier de la cathédrale, les compagnons constructeurs ont fait un enclos pour abriter les animaux la nuit. Il est circulaire, entouré de hautes palissades de bois et fermé par un solide portail. Un jour ils décident d’y enfermer un de leur apprenti récalcitrant jusqu’à ce qu’il ait compris une des règles de base de la géométrie des bâtisseurs.
Son maître lui donne les consignes suivantes : il doit partir d’un point quelconque du sud-est de la palissade et se diriger en ligne droite plein Nord puis du point atteint au pied de la palissade il doit partir en direction de l’ouest. Il ne sortira que s’il donne le diamètre de l’enclos.

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L’apprenti compte d’abord 30 pieds puis 40 pieds. Quelle réponse doit-il donner au maître pour sortir et quelle méthode va-t-il utiliser ?

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