vendredi 13 novembre 2009

Rumi et la tradition d'amour I

PRÉAMBULE
Sur ce blog, nous avons déjà cité des poèmes de Rumi ou inspirés de son oeuvre. Le temps est venu aujourd'hui de parcourir son histoire et son oeuvre à la recherche de la Tradition d'Amour telle qu'il l'a vécue.

Djalâl od-Dîn Rûmî est un grand poète persan, un savant, un théologien important et reconnu, mais aussi un mystique et « fou d’amour » du XIII° siècle. En Occident, on le nomme le plus souvent Rûmî (prononcer Roumi). Il est aussi appelé Mawlana ou Mevlana, ce qui signifie maître ou seigneur.
Rûmî est considéré comme le plus grand poète mystique de la langue persane et l'un des génies de la littérature spirituelle.
Reconnu de son vivant comme un saint, Rûmî avait des prises de position assez novatrices par rapport au pouvoir politique et au dogme musulman. Il aimait à fréquenter les chrétiens et les juifs tout autant que les musulmans.

Pour faciliter l'édition des messages, nous l'appellerons Rumi.
De même nous nommerons par ordre d’apparition :
Son père, Bahâ-od-Dîn Walad : Baha
Son fils, Sultân Walad : Sultan
Son maître, Burhân od Dîn Muhaqqîq Tirmidhî : Burhan.
Son ami et maître, Shams-od-Dîn Tabrîzî : Shams.
Son ami, Salâh od Dîn Farîdûn Zarkûb : Salah.
Son ami, Husâm od Dîn Chelebî : Husam.

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lundi 16 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR II

LES ORIGINES DE MEVLANA

1/ LE CONTEXTE HISTORIQUE
Lorsque Rûmî voit le jour, au début du XIII° siècle en Perse (qui deviendra l'Iran), l'époque est très troublée. Après l'occupation arabe qui impose peu à peu l'Islam depuis le VII° siècle, l'Iran est soumis par l'Empire turc seldjoukide du XI° au XII° siècle. Gengis Kahn, l'empereur mongol commence son expansion conquérante début XIII° siècle. Cependant la forte culture et la civilisation élaborée de la Perse imposera son empreinte culturelle à ses envahisseurs.
La lutte entre l'Orient et Occident voit se succéder les croisades jusqu'à ce que l'Empire franc d'Orient soit réduit par Saladin fin XIII°.
L'Europe est divisée entre les partisans de l'Empereur du Saint-Empire germanique (Gibelins dérivé d'une dénomination italienne du nom de Waiblingen, château souabe de l'Empire) et les partisans du Pape (Guelfes, dérivé de la dynastie des Welfs, soutien de la papauté)

Persepolis_iran

Persépolis, wikiédia


Le mot du troubadour: ces chocs militaires et culturels entre l'Occident et l'Orient où la civilisation arabe a conservé et développé les acquis de l'Antiquité, favorise une évolution technique et humaine sans précédent en Occident.
Même les moeurs évoluent et l'amour courtois qui se répand à l'époque dans les cours européennes est d'inspiration arabo-andalouse.

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mardi 17 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR III

2/ LA REGION D'ORIGINE DE RUMI
Rumi est né à Balkh, ville située maintenant en Afghanistan. A l'époque de Rumi, cette ville perse était un centre important de l'enseignement de l'Islam. Avant l'invasion musulmane du VII° siècle, la région avait été conquise par Alexandre le Grand puis les Parthes (au IV° siècle avant notre ère).
Avant que l'Islam ne s'impose, Balkh était un centre du bouddhisme puis du soufisme (doctrine ésotérique de l'Islam empruntant à d'autres traditions antérieures), dont le père de Rumi était un maître estimé.

La ville est établie dans la plaine entre les montagnes de l'Hindu Kush et le fleuve Oxus sur les terres alluviales propices à l'irrigation de la rivière Balkhab. Raisins, oranges, melons y poussaient facilement, une race de chameaux réputés y était élevée. 

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Carte : Balkh et sa région, wikipédia (traduction française)

Balkh était une cité antique très importante (l'une des plus importantes au monde) surnommée "la mère des villes". Elle était la capitale de la région de Bactriane (devenu le Turkestan afghan) et fût nommée Bactres par les Grecs. C'était une des principales villes de la province du Khorassan dont Rumi parle souvent dans ses poèmes. Le commerce y était florissant et de nombreux centres d'enseignement et religieux prospéraient, la ville était un carrefour de nombreuses voies commerciales naturelles, dont la route de la soie entre Orient et Occident.
Rappelons que l'Iran est un des pays où se sont développées les premières cités sous l'impulsion de la civilisation mésopotamienne voisine (Irak).
Dans l'Antiquité, c'était une région fertile, mais un changement climatique a entraîné la désertification et le déclin de la ville. A l'époque de Rumi, c'était encore une ville importante mais Gengis Kahn, chef de l'Empire mongol, au début du XIII° siècle, massacra ses habitants et fit raser tous les bâtiments élevés pouvant servir de défense.
Pourtant Marco Polo, grand voyageur marchand d'origine vénitienne entré comme émissaire à la cour mongole fin XIII° la décrira encore comme une noble et grande ville, bien qu'en ruine. Au XIV° siècle, Timur ou Tamerlan, chef turco-mongol établi à Samarcande non loin de Balkh, fit de même puis il choisit de faire rebâtir la ville, des murailles, des mosquées avant d'y proclamer son accession au trône.


Balkh

Balkh

Son successeur fonde l'Empire Moghol à dominance islamique qui s'étend jusqu'à l'Inde, imposant la culture turco-mongole-persane qui deviendra "indo-persane".

La ville continuera son inexorable déclin, jusqu'à son annexion par les afghans. Au XIX° siècle le paludisme, le choléra y sévissent et la ville perd son statut administratif au profit de Mazar-e Charif à 20 Km de là.
C'est actuellement une petite ville qui est en cours de modernisation. Des ruines étendues subsistent et elles commencent à être fouillées depuis 2003, en fonction des soubresauts de l'histoire militaire locale.


Balkh_green_mosque
Balkh, wikipédia anglais (mosquée bleue, architecture timurienne)

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jeudi 19 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR IV

3/ CONTEXTE RELIGIEUX DU KHORASSAN
De nombreuses religions importantes se sont succédées ou ont coexistées à Balkh, centre culturel renommé au temps de sa prospérité et en particulier lors de la naissance de Rumi au début du XIII° siècle.

La religion de la Grande Déesse (Anaïtis-Vénus)

Balkh ou Bactriane était un centre spirituel et religieux de premier plan. Dans l'Antiquité un grand temple y était dédié à la Déesse Anaïtis ou Anahita. Son nom perse signifiait "la pure". La prostitution sacrée était pratiquée en son nom, en Perse et Arménie. Elle a été assimilée à la déesse grecque Vénus-Uranie. Son culte fut peu à peu associé à celui de Mithra, elle était considérée comme étant sa mère.
Le Temple d'Anahita à Kangavar en Iran, en ruines aujourd'hui, était l'un des plus grands dédiés à la déesse Anahita.

Kangavar2

Temple d'Anahita (Anaïtis) à Kangavar, Iran

Mithra

Le culte de Mithra, dieu indo-iranien s'est développé à partir du II° siècle avant notre ère en Orient au pourtour de la Méditerranée. Il s'est répandu en Inde et dans l'Empire Romain et concurrença sérieusement le christianisme jusqu'à son interdiction comme religion païenne à la fin du IV°siècle.
Dans l'Avesta iranien, Mithra est aux côtés d'Ahura Mazda en tant que dieu bénéfique, juge des âmes. Un de ses prêtres célèbres était Zarathoustra ou Zoroastre selon la tradition.

Mithra_vatican
Mithra, vatican

Zoroastre

Il est né à Balkh au IV° siècle avant notre ère pendant le règne de l'Empire achéménide après la conquête d'Alexandre le Grand. Son tombeau est aussi honoré dans cette ville.
Le Zoroastrisme aussi appelé Mazdéisme, est une religion monothéiste dont Ahura Mazda est le dieu créateur. Son fondateur Zoroastre s'est inspiré de la religion ancienne des tribus indo-aryennes venus s'installer en Iran oriental à partir de 1700 avant l'ère chrétienne. Elle a été la religion des perses jusqu'à la conquête de l'Islam.
Dans cette religion, le feu est un symbole divin.

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Temple du feu de Yazd 

Le Zoroastrisme est basé sur un dualisme Bien/Mal, Lumière/Ténébres, chaque élément coexistant dans l'homme.

Bouddhisme

Dans le Khorassan de nombreux monastères bouddhistes prospèraient, le plus important d'entre eux était situé près de Balkh, le Nawbahar.
Le boudhisme apparu en Inde au V° siècle avant notre ère, se répandit en Iran un siècle plus tard. Il coexista avec les autres religions et en particulier le zoroastrisme, ce qui influença la culture perse et arabe dans la région.

Manichéisme

Du fait de la rencontre de différentes religions, la perse était un terrain favorable pour l'émergence d'un syncrétisme du christianisme, du zoroastrisme, du bouddhisme. C'est le manichéisme fondé par le perse Mani au III° siècle. Dans cette religion, le mal doit être combattu, non par la violence mais par l'amour, il faut l'accepter pour le transformer en bien. Cette religion aujourd'hui disparue a été violemment combattue par le christianisme.

Manicheans

Manichéens

Saint Augustin, lui-même manichéen pendant quelques années, se convertit au christianisme et combattit énergiquement le manichéisme issu du gnosticisme lié lui-même aux religions païennes des mystères. En France, le catharisme apparu fin XI° siècle aurait des points communs ou même une filiation avec le manichéisme.

Gnosticisme

Le gnosticisme correspond à des courants de pensée méditerranéens et moyen-orientaux dont l'apogée se situe au II° siècle. Selon ces croyances, les hommes sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel.
En Iran, le manichéisme est rattaché au gnosticisme. Dans l'Empire perse, des sectes gnostiques s'épanouissent jusqu'au XII° siècle et influencent des mouvements musulmans (chiites, druzes).
En Orient, les gnostiques s'intégrèrent à l’Islam où le terme désigne des mystiques et non des hérétiques comme en Occident.
En particulier les soufis en tant que musulmans, se revendiquent parfois comme gnostiques  ou "connaisseurs directs de Dieu". Pour d'autres soufisme et gnose n'ont aucun lien.

Gnose
Gnose (Gnôsis en grec signifie connaissance) désigne un concept philosophico-religieux dans lequel le Salut de l'âme passe par une connaissance directe de la divinité et donc par la connaissance de soi.

Soufisme iranien

En Iran on préfère utiliser le terme 'erfan dont la racine 'arafa signifie gnose. Le soufisme iranien est basé sur la "tariqua", la voie, et non sur la "sharia", la loi islamique.
Le soufisme émerge au VIII° siècle à partir de traditions pré-islamiques iraniennes rejetant classes sociales et traditions religieuses fortement hiérarchisées, en particulier le zoraastrisme. Il se structure en confréries au XII°, XIII° après avoir résisté aux persécutions des islamistes orthodoxes.
Le père de Rumi et Rumi lui-même étaient soufis.

Le mot du troubadour.
C'est dans ce creuset formidable que l'expression de la "religion d'amour" a émergé. La tradition antique de la religion de la Grande Déesse unie au christianisme nourri des courants gnostiques aboutit à cette conception mystique que la beauté de l'aimé (e) et l'amour éprouvé pour cet être conduisent par la connaissance de soi, au Dieu manifesté en l'autre... jusqu'à la Connaissance et à l'union avec Dieu.

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mercredi 25 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR V

4/ CULTURE, LITTERATURE ET POESIE EN PERSE (à l'époque de Rumi).

"Tous les chemins mènent à  Balkh”  disait Gurdjieff en se référant à l'origine soufi des métaphysiques. Balkh, "mère des villes" a été un centre du monde où se sont épanouis soufisme, zoroastrisme, bouddhisme tibétain créant un terrain favorable à la création intellectuelle et à la spiritualité. Ainsi les premières oeuvres persanes ont été écrites par des écrivains originaires de Balkh.

Beaucoup de grands poètes persans sont venus de Balkh, par exemple :
Shaheed Balkhi, Abul Muwayed Balkhi, Abou Shukur Balkhi, Ma'roofi Balkhi, poètes début du IX°siècle et du X° siècle.
Rabe'a Balkhi ou Rabe'ah, la première poétesse persane est née à Balkh au X° siècle, elle fût la première à écrire en persan moderne.
Anvari, le poète, vécut à Balkh au XII° siècle.
Le père d'Avicenne ou Ibn Sina, célèbre philosophe et savant du X° siècle était originaire de Balkh.

De façon plus générale, la plupart des intellectuels étant originaires du Khorassan, on parle de "style khorassan" pour la littérature persane qui leur est associée.
Cette littérature favorisée par le mécénat et la vie des cours, cultivait une poésie de style épique dont Ferdowsi au X° siècle est le meilleur représentant avec son oeuvre le Shah Nameh. Ferdowsi y raconta l'histoire des anciens rois de Perse et glorifia le passé de l'Iran, ce qui sera une base de fierté et d'identité pour les peuples iraniens au cours du temps. Le modèle élaboré par Ferdowsi inspirera de nombreux poètes à sa suite.
Au XIII° siècle, la poésie lyrique connaît une nouvelle évolution avec la forme de versification du ghazal  que Rumi utilisera. La poésie mystique et soufie se développent.

Rumi s'inspirera directement de poètes mystiques et soufis tels que Sana'i (XII° siècle) et Farid od Dîn 'Attar qu'il rencontre dans son jeune âge, auteur de la Conférence des oiseaux. Comme ces deux auteurs majeurs, Rumi contribue à éliminer la corruption de la pratique religieuse et des institutions. Un contemporain de Rumi, Saadi sera aussi le continuateur de ce courant, suivi par Hafez au XIV° siècle.

A Konya, (actuelle Turquie) où Rumi passera sa vie adulte, il se lie d'amitié avec le grand commentateur d'Ibn Arabi décédé en 1240 à Damas, ce grand savant, mystique, philosophe a donné ses lettres de noblesse à la sagesse soufie.
Rumi, strictement instruit dans la loi islamique et la philosophie fut aussi inspiré par son père, théologien islamique et enseignant de grand renom.

HUMOUR
L'humour n'est pas absent de la culture persane et le personnage le plus représentatif de cet humour est Nasr Eddin Hodja dont la tombe serait en Anatolie. C'est une sorte de personnage mythique insolent souvent juché sur un âne dont les histoires-enseignements s'inspirent du quotidien.

Exemple
- Hodja effendi, dis-nous, comment ton prophète Mohammed est-il monté au Ciel ? lui demandèrent des prêtres catholiques
.
- En réalité, c'était très facile, répondit Djeha-Hodja Nasreddin, il a utilisé l'échelle qui a servi à l'Ascension de votre prophète.

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Nasr Eddin Hodja

LA TRADITION D'AMOUR

Leyla et Majnûn, l’amour fou à l’orientale

Dans la tradition iranienne, Majnûn incarne une sorte de héros mystique dont l’élan passionnel pour Leyla aurait pour but ultime de se rapprocher du divin. L’amour humain serait donc une première étape initiant à l’amour spirituel.

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Rumi art

Rumi a commenté cette légende orientale des plus célèbres amants orientaux, Leyla et Qays surnommé Majnun (le fou), sortes de Roméo et Juliette dont l'origine remonterait à l'époque de la splendeur de Babylone. Ainsi il raconte dans le Mathnawi : « Harun avait entendu parler de l’amour de Majnûn [Qays] pour Layla et désirait voir cette fameuse beauté. Ayant fait venir Layla, il ne la trouva nullement extraordinaire. Il convoqua alors Majnûn et lui dit : " Cette Layla, dont la beauté t’a mis dans cet état, n’est pas si belle que cela. " Majnûn répondit : " La beauté de Layla est sans défaut, mais ton œil est fautif. Afin de reconnaître sa beauté, il faut avoir l’œil de Majnûn ».

L'Amour et le Soufisme

"Quand l’homme et la femme deviennent un, tu es ce un. Quand les unités sont effacées, tu es cette unité. Tu as façonné ce “je” et ce “nous” afin de pouvoir jouer au jeu de l’adoration avec toi-même, afin que tous les “je”, les “tu” deviennent une seule âme, et soient à la fin submergés dans le Bien Aimé”.
Rumi

Le soufi cultive l’Amour dans ses actes et son culte est en lui même ; il apprend à s’aimer d’abord, pour aimer les autres et Dieu car l’Amour est un Don de soi et qui ne l’a pas en lui ne peut l’offrir aux autres.
Tous les êtres humains sont beaux quand nous les voyons avec les yeux de l’Amour. Pour le soufi l’Amour Dieu ne se réalise qu’en aimant d’abord ses semblables. C’est seulement dans un cœur rempli d’Amour qu’on perçoit Dieu.

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Miniature persane

Le mot du troubadour:

La beauté de l'aimé (e) induit l'amour chez l'amant. Cette beauté permet à l'amant de voir la beauté du monde comme dans un miroir puis d'accéder à la notion de beauté pure, beauté divine. L'amour humain est le médiateur de l'amour divin.
Pour l'amant, dans le miroir de l'aimé(e), beauté, amour et connaissance (de soi, de l'autre, de l'univers et du divin) sont liés.

De nombreux artistes ont été inspirés par la légende de Leyla et Majnun. Un exemple en musique:

Eric Clapton et Marc Knopfler interprétant Layla.


Eric Clapton With Mark Knopfler - Layla
envoyé par tigwenn.

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dimanche 29 novembre 2009

RUMI ET LA TRADITION D'AMOUR VI

5/ LES PARENTS DE RUMI
Le père de Rumi se nomme Bahâ od Dîn Wahad, nous le nommerons Baha. Il est né en 1148 et mort en 1231. C'était un théologien et maître soufi réputé qui enseignait à Balkh. Prédicateur éloquent, il était entouré de nombreux disciples. Malheureusement une vague de persécution submergea la ville et força Baha à fuir la ville quelques années avant qu'elle ne soit ravagée par Gengis Kahn. Il erra quelques années de ville en ville avant de se fixer à Konya où il put reprendre ses activités jusqu'à sa mort, encouragé par le sultan de Konya.
Il fut surnommé le "sultan des savants" (Sultân al-'Ulama). Son livre Ma'ârif fut longtemps un des livres favoris de Rumi.

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Shiraz School


Sa mère Mu'mine Khatûn était la fille de l'émir de Balkh qui appartenait à la lignée d'Ali, le quatrième calife de l'islam. Rumi était donc de race royale par sa mère et sa grand-mère.

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Couple enlacé
(iconesetminiatures.com)

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jeudi 3 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour VII

6/ LE DEBUT DE LA VIE DE RUMI

NAISSANCE ET NOM
Rumi naquit à Balkh, ville célèbre du Khorassan où s'épanouit la civilisation persane et d'où sont originaires de nombreux philosophes et poètes. C'était dans les premières années du XIII° siècle, le 30 septembre 1207, (604 de l'Hégire).
Il est connu sous le nom de Djalal-od-Din Rûmî , c'est-à-dire Majesté (Djalal) de la Religion (Din) originaire de Rum (Rumi) qui correspond à L'Anatolie, sa région d'origine. Son surnom principal Mawlanna ou Mevlana signifie Maître ou Seigneur.

ENFANCE
Ses premières années se déroulent donc dans une famille musulmane noble aux fortes traditions, sa mère étant descendante d'un calife de l'Islam et son père un maître soufi, un théologien enseignant reconnu de la Loi islamique jusqu'à ce qu'il soit persécuté par le sultan de Balkh qui craignait l'influence des soufis.

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Devant les ruines Louvre

EXIL, ERRANCE ET FORMATION


Rumi a douze ans lorsque la famille quitte Balkh en 1219 pour fuir la persécution. En Asie centrale, l'invasion mongole menace et dans les années suivantes la ville est ruinée, ses habitants tués en grand nombre par les troupes de Gengis Kahn.
Les années d'errance commencent, le jeune Rumi suit son père à Nishapur où il rencontre le célèbre poète philosophe mystique Farid-ed-Din Attar. Ils se rendent à Bagdad, font un pèlerinage à la Mecque, vont à Damas, ... puis à Larendeh où la famille s'installe pendant sept ans. Le jeune Rumi suit l'enseignement de son père, il se forme à la théologie et aux traditions musulmanes soufis.


Lecteur_au_manteau

Lecteur au manteau Louvre

LE MOT DU TROUBADOUR

A côté de l'origine commune du mot soufi, il faut noter ce que retiennent beaucoup de linguistes et d'islamologues, soufi viendrait du mot grec sofia (sagesse), qui a donné en arabe sufiyya ﺻﻭﻓﻴﻪ, puis tasawwuf ﺗﺼﻮﻑ (soufisme).
Selon René Guénon (converti à l'Islam sous le nom de Abdel Wahid Yahya) et suivant une approche ésotérique des lettres arabes, le sens caché du mot ne peut être donné que par «l'addition des valeurs numériques des lettres dont il est formé. le mot soufi a le même nombre que El-Hekmah el-ilahiyah, c'est-à-dire la «Sagesse divine» ; le soufi véritable est donc celui qui possède cette sagesse, ou, en d'autres termes, il est el-ârif bi'llah, c'est-à-dire « celui qui connaît par Dieu », car Dieu ne peut-être connu que par Lui-même ».


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Visite à un sage Louvre

Dès son plus jeune âge, le jeune Rumi a puisé aux sources de cet enseignement soufi qui à l'intérieur de la tradition orthodoxe musulmane était basé sur la connaissance de soi, en soi, comme voie pour la Connaissance Divine.

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jeudi 10 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour VIII

LA VIE DE FAMILLE ET LA FORMATION DE RUMI

EN FAMILLE

Baha, le père de Rumi, théologien et enseignant, assura à son fils une éducation d'érudit en Turquie au terme d'une errance de plusieurs années avec sa famille qui avait fui les persécutions du sultan de Balkh puis les massacres de Gengis Khan.
La famille accomplit un pèlerinage à la Mecque. A Nishapur, le père et le fils firent la rencontre du grand poète mystique Farid-od-Dîn Attar, auteur de la Conférence des Oiseaux, qui offrit son Livre des secrets au jeune Rumi et lui prédit qu'il mettrait le feu dans le coeur des amants mystiques.
Au retour de la Mecque, la famille se fixa en Arzanjân, en Arménie, puis à Larendeh (ou Lâranda, actuelle Karaman) non loin de Konya, la capitale des Seldjoukides du Sultanat de Rûm ou Roum (anciens territoires romains, c'est-à-dire byzantins, en Anatolie), d'ou son surnom de  Rumi, prononcé Roumi (romain, byzantin, anatolien).

Callig
Livre persan

Le gouverneur de la ville de Larendeh, Emir Mousa, était un brave homme Turc qui connaissait la renommée de Baha, le père de Rumi. Il l’accueillit avec dévotion au milieu de la foule des citadins. Il l'invita à résider dans son palais, mais Baha demanda à rejoindre un lieu d’enseignement. Emir Mousa lui fit construire un collège au milieu de la ville. Baha et sa famille y résidèrent 7 ans.

MARIAGES

A Larendeh, Rumi âgé de 19 ans, épousa lors de noces magnifiques en 1226 (623 de l'hégire), la très belle Gauher Khatûn, fille d'un savant de Samarkand de noble origine, Lâlâ Cheriff-ed-Dîn. Ils eurent deux fils ensemble : Sultân Walad et 'Alâ od-Dîn Tchelebi. Gauher mourut en 1229.


Mariage
Miniature persane

Rûmî épousa ensuite une veuve turque, Karra Khatûn qui avait déjà un fils, Shams al-Dîn Yahya. Ils eurent un autre fils et une fille ensemble : Amir Muzaffar al-Dîn Muhammad Chelebi et Malika Khatûn.

RENCONTRES ET INFLUENCES, FORMATION DE RUMI

Au bout de sept ans à Larendeh, ils s'installèrent à Konya où ils furent très bien accueillis par le Sultan. Baha le père de Rumi avait de nombreux disciples lorsqu'il mourut cinq ans après, en 1231, comblé d'honneur et d'attention par le Sultan qui le nommait avec déférence et amitié "sultan des savants".
Rumi lui succéda à l'âge de 24 ans.

Un ancien disciple de son père, Burhân-od-Dîn Mouhaqqîq, de Tirmiz, rejoignit Rumi et poursuivit son éducation pieuse, inspirée de la mystique orthodoxe de Gazali pendant neuf ans.  Tout comme le père de Rumi, il était membre de l'ordre Kubrawiyyah. Puis il envoya Rûmî étudier à Alep puis à Damas où il rencontra l'un des plus grands penseurs de l'Islam, Muhyî-od-Dîn Ibn'Arabî vers la fin de sa vie qu'il avait déjà vu en compagnie de son père lors de l'errance de ses jeunes années.
Né en Andalousie en 1165 (569 de l'hégire) Ibn' Arabî a donné tout son sens au soufisme, il a rédigé des centaines d'ouvrages. Il était surnommé le Sceau des Saints. Il mourut à Damas en 1240.

Rûmî revint à Konya en 1240 après une absence de sept ans, il enseigna alors la loi canonique tout en s'occupant de direction spirituelle. A Konya même vivait le grand commentateur d’Ibn' Arabî, son beau-fils Badr-od-Dîn Qonawi, il se lie d'amitié avec Rumi.
Rumi devint rapidement un professeur reconnu, pratiquant et enseignant soufi en accord avec l'orthodoxie de son époque. Il vivait entouré de nombreux disciples.


Science
Manuscrit persan

LE MOT DU TROUBADOUR

Rumi vit à une époque où l'ésotérisme musulman se développe et acquiert ses lettres de noblesse en particulier à l'intérieur du mouvement soufi qui s'étend grâce à de grands penseurs. Ces hommes remarquables  le structurent et le valorisent après la période d'intégrisme qui faillit le mettre en péril en particulier lors des jeunes années de Rumi. Plus que jamais à cette époque, amour divin et connaissance sont liés et indissociables.

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lundi 14 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour IX

LA RENCONTRE DÉCISIVE

SHAMS

Originaire de Tabriz, Shams était d'une famille aisée et avait reçu une éducation musulmane de qualité complétée par les sciences de son époque. Il ne restait jamais longtemps dans la même ville et avait beaucoup voyagé dans la région. Son surnom était "Shams volant" ou le "parfait de Tabriz" en raison de sa vie pieuse et stricte. C'était un solitaire qui partait dès que sa valeur attirait trop de gens. Shams était un "amoureux de Dieu" vivant en contact permanent avec Dieu.
D'après certains chercheurs, Shams avait été disciple de Baba Kamal lui-même rattaché au guide spirituel des Ulama, Najm al-Din, martyr pendant le combat contre les Mongols. D'autres disent qu'il était rattaché à la branche Ahbariyya du groupe Khalwati. Il avait longtemps cherché un guide spirituel parfait, mais lui-même ne souhaitait pas de disciple. Il avait écrit un ouvrage de haute spiritualité intitulé Maqalat.

Ecrit

Ecrit

Rumi avait atteint les plus hauts niveaux de l'enseignement et de la guidance spirituelle à l'âge de quarante ans et aspirait à devenir un amoureux de Dieu.
Shams à plus de soixante ans, n'était plus compris par ceux qu'il rencontrait, mais il n'avait plus besoin de personne et ne cherchait plus rien.
Shams accordait de l'importance à la connaissance du coeur, la Divine Inspiration et la Divine Attraction, mais pas à la connaissance qui devient un fardeau et gonfle l'égo. La connaissance du coeur ne s'acquiert pas dans les livres. Shams disait que l'Attraction de Dieu est essentielle, la connaissance n'est pas importante en elle-même, mais un moyen pour découvrir notre distance par rapport à la vérité et la compréhension de Dieu.

RENCONTRE

Shams vint à Konya fin 1244, peut-être dans l'intention de rencontrer Rumi dont la réputation lui avait été rapportée. Leur première rencontre est diversement racontée selon les auteurs, mais tous s'accordent à dire qu'elle fut un éblouissement pour les deux hommes et changea profondément la vie de Rumi.

jardin

Jardin

La femme de Rumi, Karra Khatun, raconta que Shams lui enleva ses livres préférés des mains, celui de son père et les poèmes de Mutanabbi en le mettant au défi de vivre désormais par lui-même et non à travers ses livres. Rumi se serait mis aux pieds de Shams en le reconnaissant pour ami et maître spirituel. Shams le reconnut de même et ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre avant de s'isoler ensemble pour de longs échanges pendant six mois et Rumi abandonna l'enseignement, la prédication, ses disciples et amis.

Rumi écrira
Si quelqu'un sauf Dieu le regarde amoureusement,
Il sera aveuglé à jamais par le Sceau éternel.
La gloire du monde, l'oeil de Tabriz, c'est Shams-od-Dîn;
La poussière répandue sous ses pas est un ornement plein d'éclat;
(Odes Mystiques 862)
Shams signifie aussi soleil et Rumi joue régulièrement sur cette analogie dans ses poèmes.

Le mystique errant et pauvre conquit le savant éminent, grand érudit et lecteur assidu, religieux soufi de grande renommée et guide spirituel très sollicité. Il le transforma en ardent amoureux de Dieu.

APPORT DE SHAMS A RUMI

Shams lui enseigna la danse spirituelle, il fut l'inspirateur de sa poésie. Il éveilla en lui une extase profonde, démesurée, une passion pour la musique et les arts, pour toutes les manifestations de la beauté de la Création.
Shams fut pour lui un ami spirituel, un messager de Dieu, voire d'une personnification de Dieu même, son Bien-aimé.
Grâce à Shams, Rûmi apprit l'Amour divin, la joie d'être aimé, la joie d'aimer celui en qui il reconnaissait la présence divine du Bien-aimé. Il apprit aussi comment le corps dans la danse soutenue par des instruments vit l'extase amoureuse et mystique.
La rencontre du Bien-aimé de l'âme reflet de Dieu transforme le plus respectable et conventionnel des êtres en amant éperdu dont Dieu a pris possession. Il n'y a plus de distance entre l'amant et l'aimé et leur être entier devient disponible à la présence divine.
L'expérience sacrée de la révélation du Bien-aimé est une de celle qui transforme le plus un être humain, change ses habitudes et ses modes relationnels.

PREMIERE SEPARATION

Par son intensité aboutissant à l'exclusion des autres, l'amitié unissant les deux hommes suscita de fortes réactions dans l'entourage de Rumi, du dépit puis une jalousie de plus en plus véhémente. Aux disciples mécontents de la prééminence de Shams qui demandaient ce qu'il apportait à Rumi qu'eux ne pouvaient lui apporter, Shams répondit : "Je me suis apporté moi-même, je sacrifie ma vie à son profit".

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Séparation

Face à cette haine, au bout de seize mois, Shams décida de partir sans adieu et quitta Konya début 1246. Le cœur de Rumi se brisa et lui qui avait été un érudit austère avant Shams se transforma en un poète passionné. Il avait décrit la poésie comme une perte de temps, sa souffrance et son amour s'exprimèrent en vers qu'il chantait. Il pratiqua la musique et la danse mystique tournant inlassablement jour ou nuit dans sa quête de son ami.  La transe du mouvement circulaire et du rythme musical lui permettait de ramener l’espace et le temps dans le centre éternel de Dieu et de son être et là de retrouver Shams.
Il se coupa de ses amis et s'isola dans sa quête éperdue de présence intérieure du Bien-aimé, de Dieu. Son entourage fut très peiné de ce résultat contraire à leurs attentes et pris de remords il essaya de retrouver Shams. Un jour celui-ci envoya une lettre à Rumi, il était à Damas et Damas devint le centre du monde pour Rumi. Joyeux il se mit à danser, écrire des poèmes d'amour et se réjouir avec ses amis qu'il remerciait de leur changement d'attitude et de leur quête de son ami.
Ils échangèrent quelques lettres, à l'époque c'était long et difficile. Ils souhaitaient chacun la présence de l'autre.
Ainsi Shams écrivait:
"Oh, la plus gracieuse personne du monde! Je t'envoie mes amitiés.
Tu sais que ma santé et ma maladie dépendent de toi.
Même si je ne suis pas physiquement avec toi pour te servir,
mon esprit et mon coeur sont plus sûrement avec toi."

Ils souhaitaient chacun la présence de l'autre et souffraient de leur séparation.

LES RETROUVAILLES

Finalement, Rumi demanda à son fils Sultan qui lui aimait et appréciait Shams d'aller le chercher à Damas. Accompagné de quelques amis Sultan partit, retrouva Shams et le persuada de revenir à Konya au printemps 1247. Le spectacle des retrouvailles stupéfia toutes les personnes présentes, ils restèrent longuement unis l’un à l’autre, éperdus de joie. Rumi voyait son Bien-Aimé en Shams et Shams trouvait en Rumi son Ami en Dieu. Tous se réjouirent avec eux et de grandes fêtes se déroulèrent en leur honneur.

Rumi écrira

Tu as dit: "Salut à toi", et le monde entier l'a su,
Mon coeur s'est prosterné, mon âme s'est mise à ton service, ô ma vie.
J'étais la nuit comme une chandelle ardente que l'on souffle à l'aube.
Aujourd'hui, je ne distingue plus la nuit de l'aube, ô ma vie!
O Shams-ul-Haqq de Tabriz, tu es ce roi des rois qui verses le sang:
O toi aux pieds duquel l'océan est comme une perle, ô ma vie!

Odes Mystiques 85

Rumi avait élevé dans sa maison une fille adoptive, la jeune Kimia très belle et très douce. Sur la proposition de Rumi, Shams et Kimia furent bientôt mariés, ainsi Shams "faisait partie" de la famille et sa présence était légitimée. Mais en fait cela ne fit que renforcer la jalousie contre Shams et le fils de Rumi en particulier, 'Alâ od-Dîn Tchelebi probablement secrètement amoureux de la toute jeune fille en conçut un fort ressentiment.
Shams aima sincèrement Kimia, hélas elle mourut rapidement et Shams en fut très chagriné d'autant que cela exacerba encore les sentiments contraires de ses ennemis dans la maison même de Rumi.
Seul l'amour partagé avec Rumi et la permanence de sa proximité avec Dieu lui permirent de supporter ce climat de plus en plus tendu. Mais il dit: "Cette fois quand je partirai, j'irai là où nul ne pourra jamais retrouver ma trace."

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Homme à la fenêtre

LA DISPARITION DE SHAMS

Un soir Rumi et Shams étaient ensemble comme à leur habitude, on frappa à la porte et Shams fut invité à sortir. Il n'y a pas de certitude sur ce qui se passa ensuite, mais Shams disparut définitivement cette nuit-là, c'était fin 1247. Fut-il assassiné, fut-il kidnappé pour être emmené au loin, fut-il agressé et poussé à partir sur le champ comme il l'avait dit? Les versions divergent, mais il semblerait qu'un complot avait été fomenté contre Shams et que son fils  'Alâ od-Dîn Tchelebi y était impliqué.
Rumi n'eut jamais de ses nouvelles et pourtant il se rendit deux fois à Damas en espérant le retrouver. Mais une tombe pour Shams fut construite à Konya.

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dimanche 20 décembre 2009

Rumi et la tradition d'amour X (a)

L'EVOLUTION DE RUMI

AVANT SHAMS

Rumi était un érudit élevé dans une authentique tradition religieuse musulmane jusqu'à ce qu’il remplace son père. Il s’intéressait aussi aux sciences profanes et à la poésie arabe, mais ne manifestait pas d'intérêt particulier pour le mysticisme. L'écriture de la poésie lui apparaissait comme une perte de temps ou une activité mineure.
Burhân-od-Dîn, l'ancien disciple de son père, ermite qui avait vécu dans les montagnes – en état d’extase - devint son maître à Konya. Il l'initia à vivre des expériences de vie intérieure et lui apprit à vivre en état d’inspiration. Il lui fit observer des périodes de quarante jours de méditation en réclusion pour atteindre des états d’illumination plus profonde. Il l'envoya aussi voyager pour rencontrer d'autres maîtres soufis selon la tradition de l'époque.
A son retour à Konya il devint un enseignant et prédicateur, un professeur des plus orthodoxes de la science et de la loi religieuse. C'était un homme honorable et honoré. Il espérait pourtant trouver la voie de la fusion de son âme en Dieu. Il pratiquait le soufisme, la méditation jusqu'à l'extase.

Ecrivain


Ecrivain

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